"Vous ne devriez pas être ici."
"Lâchez ce genre d'endroit, c'est bien plus haut qu'on vous attend."
Ce furent les premiers commentaires reçus en descendant de scène.
Un léger ton de réprimande.
"Vous vous trompez de chemin, vous ne visez pas la bonne cible."
"Vous n'avez pas à monter successivement les paliers, allez directement toquer aux plus grandes portes."
C'est écrit dans les lignes de votre main. Qu'ils me mimaient le geste.
Peut-être que je n'ai pas le recul suffisant pour décoder ma propre existence.
Peut-être que je brade mes mérites.
Je crois en la providence.
Plus que réussir grâce à son unique talent. Ça se saurait.
Je
crois que si je souhaite avoir la chance de mon côté, je dois
travailler ma bonne étoile. Et devenir cet être digne d'être aidé par
les divinités. D'être soutenue par ses anges, qui prennent tous les
risques en mon nom.
Il faut du talent, bien sûr, et un certain savoir
faire. Mais il faut l’aplomb nécessaire. Les structures intérieures,
pour que rien ne s'écroule sous l'étincelante apparence.
J'ai
rencontré une nana hier. Une chanteuse. A l'écriture prolifique, la
verve boostée par la niaque. Je l'ai embarquée dans mon délire rappé et
nous avons swingué jusqu'à des heures indues. Les idées se bousculaient
en mon esprit, l'inspiration barrée, les projets, les flow, les sursauts
d'envie, l'excitation du renouveau, la motivation requinquée que je
n'en ai pas dormi de la nuit. Les yeux grands ouverts sur l'étendue des
possibles.
Je crois que je suis remplie de quelque chose qui n'attend qu'à sortir.
"Tu sais ce que les gens faisaient autrefois, lorsqu'ils avaient des secrets qu'ils ne voulaient pas partager? Ils gravissaient une montagne, trouvaient un arbre, y taillaient un trou, et y murmuraient leur secret. Ils le couvraient ensuite de boue. De cette façon, personne d'autre ne le découvrait jamais." 2046, Wong Kar Wai
samedi 15 mars 2014
vendredi 14 mars 2014
Admirable et dommage
A nos rendez-vous retranscrits un 23 février 2014, vers les 03h00 du matin :
Un appel de Peter à 10h30 du matin. Cela faisait environ cinq heures que j'étais couchée et le temps que je tende ma main vers le téléphone, fasse ces satanés codes de déverrouillage de l'appareil (je me suis compliquée la vie), il cessait de retentir. Ça a duré deux, trois sonneries peut-être. Allez, coupons la poire en deux sonneries et demie.
Étant souvent en haut de la liste des contacts avec ma première lettre de l'alphabet des prénoms, j'ai l'habitude de ce genre d'embrouille où tu décroches et tu entends les gens marcher. Mais là, c'était Peter, à 10h30 du matin, au bout de deux sonneries et demie. Ça faisait quoi maintenant, quinze jours que j'attendais qu'il m'appelle? En réalité, comme je garde difficilement les visages en imagerie mentale, je n'attendais plus.
Bref, pas pressée de le contacter et me réveillant doucement, je lui ai envoyé un petit message vers les 13h00 qui demandait l'objet de sa démarche (enfin, je ne lui ai pas écrit texto "quel est l'objet de ta démarche?" ç'aurait été bizarre). Pas de réponse. J'oublie vaguement. Tout un travail personnel pour passer légère, au dessus des situations palpitantes.
Puis 16h00, je suis aux toilettes. J'y suis souvent, c'est peut-être pour ça. Il m'invite à écouter G*rshw*n à l'Opéra. Musique de chambre, un quintette de cuivres. Je pense à un mélange complètement improbable et je suis presque excitée à l'idée d'entendre ça. Sauf que c'est à 17h00 et que je suis aux toilettes, en pyjama.
Je me demande s'il essayerait pas de foirer le rendez-vous. D'abord il m'appelle le matin, et raccroche avant que je n'ai eu le temps de décrocher. Puis il m'invite, mais une heure avant seulement. Je veux dire, il a eu toute la journée. Je me prépare perplexe.
J'arrive avec dix minutes de retard, presque un record. C'est complet, mais on l'a autorisé à se poser sur les marches en marbre dans l'entrée, l'acoustique est formidable. Nous parlons en chuchotant lorsque le silence n'est pas roi. Je suis calme, il l'est aussi. Heureuse de me déterrer de mon trou à rat, de donner à manger à mes oreilles qui sont en pleine diète depuis un certain temps. Je suis sur la marche du bas, dos à lui. Je ne sais pas ce qu'il fait, je ne sais pas ce qu'il pense. Mais mon cœur tient un rythme régulier, je suis rassurée. Je préfère quand il ne s'emballe pas plus vite que la musique.
Le concert terminé, nous marchons pendant longtemps, sans but. Sans trajectoire. J'ai l'impression que nous nous éloignons, alors que nous n'allons nulle part. Il veut bien aller boire un verre, mais quelque chose de chaud. Ça tombe bien car lorsqu'il m'en parle, nous tombons sur ce petit café resto bio dont les tables en terrasse me connaissent bien, ainsi que le piano. J'y ai passé bon nombre d'après-midi ensoleillées pour sécher mes peines de cœur. Seule, avec de quoi écrire. Le patron était le contraire de ce qu'on peut appeler déprime, et son sourire, ses phrases enthousiastes me faisaient du bien. Quand nous sommes rentrés dans sa demeure, il a dit "J'ai presque su que c'était toi". Il était vraiment content de me revoir. Il y avait un concert ce soir.
Peter et moi nous sommes assis avec nos petites tisanes respectives, on avait l'air de jeunes vieux heureux d'être encore vivants. Je ne sais pas si c'était la barrière du langage, mais je n'ai pas senti d'étincelles dans ses propos. Il était calme, peut-être trop. Peut-être étaient-ce les lunettes qui atténuaient son regard. Peut-être était-ce la fatigue, d'avoir tenu sa soutenance la veille. Peut-être qu'il se laissait tout simplement porter, sans jamais vraiment saisir le coche.
J'ai besoin de tellement plus d'impudeur.
Le concert commence, un duo. La fille est posée sur son cajon, les jambes dénudées par sa jupe qu'elle replisse pour jouer, un angle terriblement sexy. Je glisse discrètement ma remarque aux oreilles de Peter. C'est un garçon d'un sang froid remarquable. Que j'aurais presque envie de provoquer ses sueurs. J'évoque André Minvielle, La Vie d'ici bas. Lui fais noter dans son petit calepin du ciboulot, la référence à écouter en priorité. Croyez-le ou pas, ça a été la chanson suivante jouée par le groupe. Au milieu de toutes ces coïncidences prodigieuses, il m'a avoué qu'il avait composé mon numéro de téléphone pendant son sommeil. S'endormir sur son portable, et se faire réveiller par la tonalité d'appel...
Ce sont des petits accidents heureux que distribue la vie à tout va.
D'un côté, j'aurais aimé qu'il ait eu envie de me contacter lui-même. Mais je me contenterai très bien de l'entremetteur hasard. Bien que cela me fasse réfléchir à deux fois.
Était-ce mon réel choix? Désirais-je au plus profond ce qui pourrait éventuellement advenir?
Peter n'était pas du genre à se confier. Alors, je lui posais les questions nécessaires. Je veux bien comprendre que ce ne soit pas dans sa culture de faire le premier pas. Ou juste une question de respect. A moins qu'il ne soit pas du tout intéressé?
Ils m'ont fait chanter, ce soir là. Je ne voulais voler la vedette à personne, alors j'étais gênée. Mais heureuse de pouvoir lui transmettre un peu de mes poèmes intérieurs. Il en était ravi, avec ce grand sourire. Ce sourire qui ne projette rien, aucun désir. Aucune volonté de possession qui emprisonne le sentiment. C'en était à se demander s'il existait quelque chose.
Et dans la nuit tombée, lorsqu'il m'a ramenée chez moi, nous discutions physique. Physique, oui. Mouvement des liquides. Adhérence de l'eau sur le verre. C'était pas top glamour, mais ça avait son charme. Curieuse, je lui ai posé des questions, sans savoir qu'elles étaient piège. Ca lui a retourné le cerveau. Devant les bornes de vélo, il s'est tellement remué la cervelle qu'il s'est fait prendre le dernier deux roues sous son nez. Alors qu'il avait la main sur le guidon depuis 5 bonnes minutes. Sans s'énerver, il s'en est allé trouver d'autres bornes. Nous avons cherché ensemble la traduction anglaise de crépuscule, un mot imprononçable pour son accent à tomber. De toute manière, il n'arrivait plus à aligner les syllabes dans le bon ordre. Il a concédé qu'après 22h, son français l'abandonnait subitement. Je me suis dit qu'il était un couche tôt comme j'ai rarement eu l'occasion d'en côtoyer.
Nous nous sommes fait une bise des plus convenues. Et malgré une certaine myriade de compliments et autres recommandations que des vieilles connaissances rencontrées ce soir là avaient baratiné à mon sujet, comme s'ils voulaient me vendre, Peter n'a pas bronché d'un cil. Pas levé de petit doigt. Pas profité des ouvertures assez béantes que je lui offrais (sans mauvaises allusions, s'il vous plait). J'ai trouvé ça admirable. Et dommage à la fois.
Et puis finalement, pas plus mal.
Une fois son vélo en route, je suis rentrée seule à mon domicile. C'est le paradoxe de celui qui raccompagne qui se fait raccompagner. Quand j'ai regardé l'heure, il était 01h30. Pas si tôt que ça, mine de rien.
Le lendemain, un texto de Peter qui répondait à ma question piège, LA grande problématique scientifique.
Comme s'il n'en avait pas dormi de la nuit.
J'aurais préféré qu'il rêve de moi...
Un appel de Peter à 10h30 du matin. Cela faisait environ cinq heures que j'étais couchée et le temps que je tende ma main vers le téléphone, fasse ces satanés codes de déverrouillage de l'appareil (je me suis compliquée la vie), il cessait de retentir. Ça a duré deux, trois sonneries peut-être. Allez, coupons la poire en deux sonneries et demie.
Étant souvent en haut de la liste des contacts avec ma première lettre de l'alphabet des prénoms, j'ai l'habitude de ce genre d'embrouille où tu décroches et tu entends les gens marcher. Mais là, c'était Peter, à 10h30 du matin, au bout de deux sonneries et demie. Ça faisait quoi maintenant, quinze jours que j'attendais qu'il m'appelle? En réalité, comme je garde difficilement les visages en imagerie mentale, je n'attendais plus.
Bref, pas pressée de le contacter et me réveillant doucement, je lui ai envoyé un petit message vers les 13h00 qui demandait l'objet de sa démarche (enfin, je ne lui ai pas écrit texto "quel est l'objet de ta démarche?" ç'aurait été bizarre). Pas de réponse. J'oublie vaguement. Tout un travail personnel pour passer légère, au dessus des situations palpitantes.
Puis 16h00, je suis aux toilettes. J'y suis souvent, c'est peut-être pour ça. Il m'invite à écouter G*rshw*n à l'Opéra. Musique de chambre, un quintette de cuivres. Je pense à un mélange complètement improbable et je suis presque excitée à l'idée d'entendre ça. Sauf que c'est à 17h00 et que je suis aux toilettes, en pyjama.
Je me demande s'il essayerait pas de foirer le rendez-vous. D'abord il m'appelle le matin, et raccroche avant que je n'ai eu le temps de décrocher. Puis il m'invite, mais une heure avant seulement. Je veux dire, il a eu toute la journée. Je me prépare perplexe.
J'arrive avec dix minutes de retard, presque un record. C'est complet, mais on l'a autorisé à se poser sur les marches en marbre dans l'entrée, l'acoustique est formidable. Nous parlons en chuchotant lorsque le silence n'est pas roi. Je suis calme, il l'est aussi. Heureuse de me déterrer de mon trou à rat, de donner à manger à mes oreilles qui sont en pleine diète depuis un certain temps. Je suis sur la marche du bas, dos à lui. Je ne sais pas ce qu'il fait, je ne sais pas ce qu'il pense. Mais mon cœur tient un rythme régulier, je suis rassurée. Je préfère quand il ne s'emballe pas plus vite que la musique.
Le concert terminé, nous marchons pendant longtemps, sans but. Sans trajectoire. J'ai l'impression que nous nous éloignons, alors que nous n'allons nulle part. Il veut bien aller boire un verre, mais quelque chose de chaud. Ça tombe bien car lorsqu'il m'en parle, nous tombons sur ce petit café resto bio dont les tables en terrasse me connaissent bien, ainsi que le piano. J'y ai passé bon nombre d'après-midi ensoleillées pour sécher mes peines de cœur. Seule, avec de quoi écrire. Le patron était le contraire de ce qu'on peut appeler déprime, et son sourire, ses phrases enthousiastes me faisaient du bien. Quand nous sommes rentrés dans sa demeure, il a dit "J'ai presque su que c'était toi". Il était vraiment content de me revoir. Il y avait un concert ce soir.
Peter et moi nous sommes assis avec nos petites tisanes respectives, on avait l'air de jeunes vieux heureux d'être encore vivants. Je ne sais pas si c'était la barrière du langage, mais je n'ai pas senti d'étincelles dans ses propos. Il était calme, peut-être trop. Peut-être étaient-ce les lunettes qui atténuaient son regard. Peut-être était-ce la fatigue, d'avoir tenu sa soutenance la veille. Peut-être qu'il se laissait tout simplement porter, sans jamais vraiment saisir le coche.
J'ai besoin de tellement plus d'impudeur.
Le concert commence, un duo. La fille est posée sur son cajon, les jambes dénudées par sa jupe qu'elle replisse pour jouer, un angle terriblement sexy. Je glisse discrètement ma remarque aux oreilles de Peter. C'est un garçon d'un sang froid remarquable. Que j'aurais presque envie de provoquer ses sueurs. J'évoque André Minvielle, La Vie d'ici bas. Lui fais noter dans son petit calepin du ciboulot, la référence à écouter en priorité. Croyez-le ou pas, ça a été la chanson suivante jouée par le groupe. Au milieu de toutes ces coïncidences prodigieuses, il m'a avoué qu'il avait composé mon numéro de téléphone pendant son sommeil. S'endormir sur son portable, et se faire réveiller par la tonalité d'appel...
Ce sont des petits accidents heureux que distribue la vie à tout va.
D'un côté, j'aurais aimé qu'il ait eu envie de me contacter lui-même. Mais je me contenterai très bien de l'entremetteur hasard. Bien que cela me fasse réfléchir à deux fois.
Était-ce mon réel choix? Désirais-je au plus profond ce qui pourrait éventuellement advenir?
Peter n'était pas du genre à se confier. Alors, je lui posais les questions nécessaires. Je veux bien comprendre que ce ne soit pas dans sa culture de faire le premier pas. Ou juste une question de respect. A moins qu'il ne soit pas du tout intéressé?
Ils m'ont fait chanter, ce soir là. Je ne voulais voler la vedette à personne, alors j'étais gênée. Mais heureuse de pouvoir lui transmettre un peu de mes poèmes intérieurs. Il en était ravi, avec ce grand sourire. Ce sourire qui ne projette rien, aucun désir. Aucune volonté de possession qui emprisonne le sentiment. C'en était à se demander s'il existait quelque chose.
Et dans la nuit tombée, lorsqu'il m'a ramenée chez moi, nous discutions physique. Physique, oui. Mouvement des liquides. Adhérence de l'eau sur le verre. C'était pas top glamour, mais ça avait son charme. Curieuse, je lui ai posé des questions, sans savoir qu'elles étaient piège. Ca lui a retourné le cerveau. Devant les bornes de vélo, il s'est tellement remué la cervelle qu'il s'est fait prendre le dernier deux roues sous son nez. Alors qu'il avait la main sur le guidon depuis 5 bonnes minutes. Sans s'énerver, il s'en est allé trouver d'autres bornes. Nous avons cherché ensemble la traduction anglaise de crépuscule, un mot imprononçable pour son accent à tomber. De toute manière, il n'arrivait plus à aligner les syllabes dans le bon ordre. Il a concédé qu'après 22h, son français l'abandonnait subitement. Je me suis dit qu'il était un couche tôt comme j'ai rarement eu l'occasion d'en côtoyer.
Nous nous sommes fait une bise des plus convenues. Et malgré une certaine myriade de compliments et autres recommandations que des vieilles connaissances rencontrées ce soir là avaient baratiné à mon sujet, comme s'ils voulaient me vendre, Peter n'a pas bronché d'un cil. Pas levé de petit doigt. Pas profité des ouvertures assez béantes que je lui offrais (sans mauvaises allusions, s'il vous plait). J'ai trouvé ça admirable. Et dommage à la fois.
Et puis finalement, pas plus mal.
Une fois son vélo en route, je suis rentrée seule à mon domicile. C'est le paradoxe de celui qui raccompagne qui se fait raccompagner. Quand j'ai regardé l'heure, il était 01h30. Pas si tôt que ça, mine de rien.
Le lendemain, un texto de Peter qui répondait à ma question piège, LA grande problématique scientifique.
Comme s'il n'en avait pas dormi de la nuit.
J'aurais préféré qu'il rêve de moi...
vendredi 7 mars 2014
Et les ponts s'effondrer
Baffouillé il y a plus d'un an, un 31 janvier 2013 :
"Ça m'avait fait du bien de te voir mais je crois que j'ai eu peur (oui ça parait un peu débile, mais je crois que c'est ça...) de quoi je n'en suis pas sur.
[...]
Ce n’était pas par rapport à une pression (de ce que je me souviens) mais plus par rapport à la manière dont je t'ai ressenti. Ce n’était pas une peur de toi à proprement parler, mais peur de moi vis à vis de toi. En tout cas je te rassure, tu n'y es pour rien. J’étais déjà émotionnellement surchargé et je n'aurais pas pu gérer plus je crois."
Ça fait beaucoup de "je crois".
Je dois en conclure quoi?
Je me rappelle la première fois que l'on s'est rencontré, c'était l'anniversaire de mon ami danseur manouche. J'en avais beaucoup entendu parler, de près ou de loin, et on m'en avait montré quelques photos, ce qui fait que lorsqu'il a franchi la porte d'entrée, avant les présentations, je l'ai reconnu.
Soirée étrange. Il me fixait avec insistance, mais me semble-t-il qu'il ne savait pas ce qu'il faisait. Il n'était pas vraiment là. Lorsque des personnes lui ont demandé s'il avait retenu les prénoms, il en a cité deux. Dont le mien. J'ai su, allez comprendre pourquoi, qu'il me fallait aller à sa rencontre.
Je me suis levée du canapé, me suis assise en tailleur face à lui.
Je lui ai peut-être balancé un truc du genre "tu me regardes, il y a quelque chose que tu veux me dire?" mais je n'en suis plus du tout sûre. Peut-être ai-je juste poursuivi la conversation générale, sur les formes de méditation, si ma mémoire ne s'est pas trop abîmée.
Nous avons tout de suite échangé avec sincérité. Il m'a parlé du décès récent de son compagnon de voyage, accident de moto, lors de son road trip jusqu'à Pékin (encore un passionné de l'immensité du monde étranger, décidément), il était silencieusement bouleversé. Je le voyais à ses yeux scintillant d'émotion. Je lui ai demandé s'il avait été ému. Il m'a répondu qu'il s'était écroulé une unique fois, devant les parents de son ami. Une petite voix m'a alors soufflé "mets-toi debout et serre-le dans tes bras" mais je ne l'ai pas écoutée. Après tout ce type, je ne le connaissais pas plus que ça. Nous avons discuté en nous regardant avec force jusqu'à ce que les lumières ne s'éteignent, le gâteau et ses bougies entrant en scène. Il s'était passé plus d'une heure depuis que nos corps se faisaient face et nous avions perdu la notion du temps. Tout le monde chantait le joyeux anniversaire dans l'obscurité chaleureuse mais nous avions du mal à revenir à la réalité de la fête. Je crois, lui comme moi, que nous ne voulions pas que ça s'arrête. Parce que. Il était en train de s'opérer quelque chose de singulier entre nos êtres.
Le lendemain, il envoie un message à mon ami danseur, qui s'empresse de me le faire lire.
"Ta pote Anne, d'où est-ce qu'elle sort?"
Et après l'avoir un peu travaillé à l'écrit sur le pourquoi, il s'explique :
"C'est étrange, j'ai eu envie de lui pleurer dans les bras."
Ce ne serait même pas étonnant si ça avait été pile au moment ou s'est glissée cette petite voix qui m'invitait à le consoler.
Nous nous sommes revus le lendemain, et les quelques fois proches où je rendais visite à la capitale.
Il y avait un truc.
Une énergie palpable.
Lorsque je me tenais assise à ses côtés à une certaine proximité, je sentais son état présent, ses émotions se distillaient en moi comme de puissants flux, tellement puissants, qu'il y avait une sorte de couche sensitive tout autour de lui, sur laquelle j'aurais pu m'appuyer, sans la traverser. C'était si concret. Si tactile. Je n'avais plus besoin de lui poser la question "comment vas-tu?". Je devinais. Impression d'exactitude.
Je voulais absolument comprendre et creuser le personnage, m'exclamer "as-tu conscience de tout ce que tu dégages?" mais il n'en était qu'aux balbutiements de la réflexion, sur les rails du peut-être. Envisager une autre existence. Il n'était pas encore dedans. Alors oui, c'était probablement effrayant. Se découvrir un nouvel horizon sensitif, propre et intime mais puissant, appuyé par une personne extérieure dont on a plutôt l'impression qu'elle est à l'intérieur, vu qu'elle a l'air de savoir.
"Difficile de mettre des mots. Ressenti de manière forte, juste comme quelqu'un qui vibre à la bonne fréquence, ou en tout cas à une fréquence avec qui je pouvais peut-être rentrer en résonance, et je n'étais pas prêt à ça. Quand deux fréquences entrent en résonance, ça peut faire s'effondrer des ponts (pour de vrai !). "
"Ça m'avait fait du bien de te voir mais je crois que j'ai eu peur (oui ça parait un peu débile, mais je crois que c'est ça...) de quoi je n'en suis pas sur.
[...]
Ce n’était pas par rapport à une pression (de ce que je me souviens) mais plus par rapport à la manière dont je t'ai ressenti. Ce n’était pas une peur de toi à proprement parler, mais peur de moi vis à vis de toi. En tout cas je te rassure, tu n'y es pour rien. J’étais déjà émotionnellement surchargé et je n'aurais pas pu gérer plus je crois."
Ça fait beaucoup de "je crois".
Je dois en conclure quoi?
Je me rappelle la première fois que l'on s'est rencontré, c'était l'anniversaire de mon ami danseur manouche. J'en avais beaucoup entendu parler, de près ou de loin, et on m'en avait montré quelques photos, ce qui fait que lorsqu'il a franchi la porte d'entrée, avant les présentations, je l'ai reconnu.
Soirée étrange. Il me fixait avec insistance, mais me semble-t-il qu'il ne savait pas ce qu'il faisait. Il n'était pas vraiment là. Lorsque des personnes lui ont demandé s'il avait retenu les prénoms, il en a cité deux. Dont le mien. J'ai su, allez comprendre pourquoi, qu'il me fallait aller à sa rencontre.
Je me suis levée du canapé, me suis assise en tailleur face à lui.
Je lui ai peut-être balancé un truc du genre "tu me regardes, il y a quelque chose que tu veux me dire?" mais je n'en suis plus du tout sûre. Peut-être ai-je juste poursuivi la conversation générale, sur les formes de méditation, si ma mémoire ne s'est pas trop abîmée.
Nous avons tout de suite échangé avec sincérité. Il m'a parlé du décès récent de son compagnon de voyage, accident de moto, lors de son road trip jusqu'à Pékin (encore un passionné de l'immensité du monde étranger, décidément), il était silencieusement bouleversé. Je le voyais à ses yeux scintillant d'émotion. Je lui ai demandé s'il avait été ému. Il m'a répondu qu'il s'était écroulé une unique fois, devant les parents de son ami. Une petite voix m'a alors soufflé "mets-toi debout et serre-le dans tes bras" mais je ne l'ai pas écoutée. Après tout ce type, je ne le connaissais pas plus que ça. Nous avons discuté en nous regardant avec force jusqu'à ce que les lumières ne s'éteignent, le gâteau et ses bougies entrant en scène. Il s'était passé plus d'une heure depuis que nos corps se faisaient face et nous avions perdu la notion du temps. Tout le monde chantait le joyeux anniversaire dans l'obscurité chaleureuse mais nous avions du mal à revenir à la réalité de la fête. Je crois, lui comme moi, que nous ne voulions pas que ça s'arrête. Parce que. Il était en train de s'opérer quelque chose de singulier entre nos êtres.
Le lendemain, il envoie un message à mon ami danseur, qui s'empresse de me le faire lire.
"Ta pote Anne, d'où est-ce qu'elle sort?"
Et après l'avoir un peu travaillé à l'écrit sur le pourquoi, il s'explique :
"C'est étrange, j'ai eu envie de lui pleurer dans les bras."
Ce ne serait même pas étonnant si ça avait été pile au moment ou s'est glissée cette petite voix qui m'invitait à le consoler.
Nous nous sommes revus le lendemain, et les quelques fois proches où je rendais visite à la capitale.
Il y avait un truc.
Une énergie palpable.
Lorsque je me tenais assise à ses côtés à une certaine proximité, je sentais son état présent, ses émotions se distillaient en moi comme de puissants flux, tellement puissants, qu'il y avait une sorte de couche sensitive tout autour de lui, sur laquelle j'aurais pu m'appuyer, sans la traverser. C'était si concret. Si tactile. Je n'avais plus besoin de lui poser la question "comment vas-tu?". Je devinais. Impression d'exactitude.
Je voulais absolument comprendre et creuser le personnage, m'exclamer "as-tu conscience de tout ce que tu dégages?" mais il n'en était qu'aux balbutiements de la réflexion, sur les rails du peut-être. Envisager une autre existence. Il n'était pas encore dedans. Alors oui, c'était probablement effrayant. Se découvrir un nouvel horizon sensitif, propre et intime mais puissant, appuyé par une personne extérieure dont on a plutôt l'impression qu'elle est à l'intérieur, vu qu'elle a l'air de savoir.
"Difficile de mettre des mots. Ressenti de manière forte, juste comme quelqu'un qui vibre à la bonne fréquence, ou en tout cas à une fréquence avec qui je pouvais peut-être rentrer en résonance, et je n'étais pas prêt à ça. Quand deux fréquences entrent en résonance, ça peut faire s'effondrer des ponts (pour de vrai !). "
jeudi 20 février 2014
Appeau à peau
Marmonné le jeudi 13 février à 5 heures 40 du matin :
Comment peut-on s'amouracher autant d'un type qu'on a vu deux fois trente secondes?
C'est chiant là!
C'est n'importe quoi ça m'énerve.
Enfin, ça m'énerve surtout qu'il ait pas répondu à mon invitation de ce soir...
C'est pas des films que je me fais, c'est le studio Warner.
J'avoue ne pas trop comprendre de quelles entrailles viennent cet appel qui m'aimante à lui.
Ce Peter me fait tourner la tête avec le minimum d'outillage permis.
Un visage qui s'efface, deux pauvres phrases échangées, des souvenirs à moitié oubliés avec deux ans de décalage. Y'a rien, il se passe rien.
Et pourtant, il n'avait pas oublié, lui.
Je crois que la première fois, il était un peu amoureux.
Je ne sais pas trop pourquoi. Peut-être parce que j'étais une sorte d'intruse dans son milieu social?
On avait attendu que la fête se tasse, que les stands se remballent pour partager quelques mots. Mais je l'avais remarqué assez tôt, lui aussi détonnait dans son propre cercle d'amis. Beaucoup trop doux pour ces instincts primitifs et ancestraux de capoeiristes. A l'époque, il lui manquait encore quelques notions infimes de français et c'était déjà craquouillant. En fait, en y réfléchissant, je l'avais remarqué avant ça. Je me mélange très peu avec ces gens là parce que je me protège encore de notre passif commun et de mes anciennes rancœurs mais je me souviens qu'il était là, sur la petite scène, avec sa guitare. Je l'avais trouvé tout simplement beau et surtout, je n'avais aucune idée de comment il avait atterri ici. (par avion, maintenant je sais) Alors je me demandais, qui le connait? Qui l'a amené dans cette cave paumée? J'avais vaguement questionné ma pote à ce sujet. Il ne ressemblait tellement pas à l'endroit. Quand j'ai pris mon courage à deux mains pour monter moi aussi sur scène lui donner la réplique, il était parti. Je suis restée bien une heure à boeuffer avec mes compères musiciens, au cas où il n'avait fait qu'une pause. Mais il n'est pas revenu, ce soir là. C'était il y a un bail.
C'est marrant quand j'y repense, ce sont toujours des situations où je n'aurais pas dû me mêler.
Ce vieux local j'avais juré de ne plus y mettre un pied.
Cette autre fête il y a deux ans je m'étais disputée avec ma pote qui m'avait laissé faire le sale boulot à sa place pour finalement être démotivée au dernier moment j'étais prête à partir et qu'elle fasse ce qu'elle veut mais sans moi puis elle m'a rattrapée, m'a promis qu'elle s'investirait, j'avais plus du tout envie de le tenir ce stand mais bon, j'ai parlé à Peter pour la première fois à ce festival là.
Et puis il y a maintenant une semaine, pour le vernissage de ma copine (toujours la même), je voulais m'y rendre dans l'après midi pour éviter de croiser des veilles têtes reconnaissables et puis, le planning, le timing, je me retrouve pile poil à l'heure d'affluence, fort heureusement mes indésirables ne sont pas là, non à la place, je vois Peter.
Je ne vois que Peter.
Étrange comme mon cœur a vite réagi.
D'ailleurs, très dangereuse première impression :
"Oh, tu vois Anne, ça va, il est paaas siiiiiii...."
Signe fatal de crush, de crash.
A chaque fois que je tente de me rassurer sur mes intuitions intérieures, c'est le guet-apens émotionnel. A force, je devrais savoir comment je fonctionne.
Mais Peter me fait craquer et il me faut de la matière à me mettre sous la dent. Du concret, du palpable. Parce là, c'est du pur délire fantasmagorique.
Néanmoins, je ne crois pas me tromper. Il y a deux ans, il était resté avec moi. Il devait rentrer mais avait finalement dormi chez ma copine pour repartir le matin à la première heure, dans une maisonnée embrassée par Morphée. Il s'attendait probablement à partager ses draps avec moi, mais j'avais fui dans une chambre déjà occupée, je ne voulais pas attiser un quelconque désir inaccessible. Le pauvre, il n'avait pas sommeil et moi non plus mais tous deux seuls à l'étage, propice aux dérapages qui ne respectent personne, je n'avais pas envie de jouer. Je ne saurai jamais si lui non plus.
Enfin, je saurai peut-être un jour...
En attendant, j'écoute Doris Day qu'honte à moi, je ne découvre qu'aujourd'hui.
J'adoooore. L’Amérique, la musique de ces années là, les sujets d'époque, l'humour, les codes de là-bas, un monde parallèle. Ça me fait penser à lui.
"I've got a maaaan, his name is Peeeeete...."
Allez, je frétille de le rencontrer véritablement.
Comment peut-on s'amouracher autant d'un type qu'on a vu deux fois trente secondes?
C'est chiant là!
C'est n'importe quoi ça m'énerve.
Enfin, ça m'énerve surtout qu'il ait pas répondu à mon invitation de ce soir...
C'est pas des films que je me fais, c'est le studio Warner.
J'avoue ne pas trop comprendre de quelles entrailles viennent cet appel qui m'aimante à lui.
Ce Peter me fait tourner la tête avec le minimum d'outillage permis.
Un visage qui s'efface, deux pauvres phrases échangées, des souvenirs à moitié oubliés avec deux ans de décalage. Y'a rien, il se passe rien.
Et pourtant, il n'avait pas oublié, lui.
Je crois que la première fois, il était un peu amoureux.
Je ne sais pas trop pourquoi. Peut-être parce que j'étais une sorte d'intruse dans son milieu social?
On avait attendu que la fête se tasse, que les stands se remballent pour partager quelques mots. Mais je l'avais remarqué assez tôt, lui aussi détonnait dans son propre cercle d'amis. Beaucoup trop doux pour ces instincts primitifs et ancestraux de capoeiristes. A l'époque, il lui manquait encore quelques notions infimes de français et c'était déjà craquouillant. En fait, en y réfléchissant, je l'avais remarqué avant ça. Je me mélange très peu avec ces gens là parce que je me protège encore de notre passif commun et de mes anciennes rancœurs mais je me souviens qu'il était là, sur la petite scène, avec sa guitare. Je l'avais trouvé tout simplement beau et surtout, je n'avais aucune idée de comment il avait atterri ici. (par avion, maintenant je sais) Alors je me demandais, qui le connait? Qui l'a amené dans cette cave paumée? J'avais vaguement questionné ma pote à ce sujet. Il ne ressemblait tellement pas à l'endroit. Quand j'ai pris mon courage à deux mains pour monter moi aussi sur scène lui donner la réplique, il était parti. Je suis restée bien une heure à boeuffer avec mes compères musiciens, au cas où il n'avait fait qu'une pause. Mais il n'est pas revenu, ce soir là. C'était il y a un bail.
C'est marrant quand j'y repense, ce sont toujours des situations où je n'aurais pas dû me mêler.
Ce vieux local j'avais juré de ne plus y mettre un pied.
Cette autre fête il y a deux ans je m'étais disputée avec ma pote qui m'avait laissé faire le sale boulot à sa place pour finalement être démotivée au dernier moment j'étais prête à partir et qu'elle fasse ce qu'elle veut mais sans moi puis elle m'a rattrapée, m'a promis qu'elle s'investirait, j'avais plus du tout envie de le tenir ce stand mais bon, j'ai parlé à Peter pour la première fois à ce festival là.
Et puis il y a maintenant une semaine, pour le vernissage de ma copine (toujours la même), je voulais m'y rendre dans l'après midi pour éviter de croiser des veilles têtes reconnaissables et puis, le planning, le timing, je me retrouve pile poil à l'heure d'affluence, fort heureusement mes indésirables ne sont pas là, non à la place, je vois Peter.
Je ne vois que Peter.
Étrange comme mon cœur a vite réagi.
D'ailleurs, très dangereuse première impression :
"Oh, tu vois Anne, ça va, il est paaas siiiiiii...."
Signe fatal de crush, de crash.
A chaque fois que je tente de me rassurer sur mes intuitions intérieures, c'est le guet-apens émotionnel. A force, je devrais savoir comment je fonctionne.
Mais Peter me fait craquer et il me faut de la matière à me mettre sous la dent. Du concret, du palpable. Parce là, c'est du pur délire fantasmagorique.
Néanmoins, je ne crois pas me tromper. Il y a deux ans, il était resté avec moi. Il devait rentrer mais avait finalement dormi chez ma copine pour repartir le matin à la première heure, dans une maisonnée embrassée par Morphée. Il s'attendait probablement à partager ses draps avec moi, mais j'avais fui dans une chambre déjà occupée, je ne voulais pas attiser un quelconque désir inaccessible. Le pauvre, il n'avait pas sommeil et moi non plus mais tous deux seuls à l'étage, propice aux dérapages qui ne respectent personne, je n'avais pas envie de jouer. Je ne saurai jamais si lui non plus.
Enfin, je saurai peut-être un jour...
En attendant, j'écoute Doris Day qu'honte à moi, je ne découvre qu'aujourd'hui.
J'adoooore. L’Amérique, la musique de ces années là, les sujets d'époque, l'humour, les codes de là-bas, un monde parallèle. Ça me fait penser à lui.
"I've got a maaaan, his name is Peeeeete...."
Allez, je frétille de le rencontrer véritablement.
mardi 18 février 2014
Psychopathe de l'amour
Fabulations du 12 février 2014 à 6 heures 27 du matin...
Laissez tomber. Je craque pour Peter.
Je suis une vraie détective d'internet. Avec un seul prénom, j'ai retrouvé sa vie, sa famille, ses photos... Quand je vois tout ce qu'on peut apprendre avec si peu d'informations, je suis tellement contente de ne jamais avoir ouvert de profil privé Facebook!
M'enfin, au détour d'une page, il y avait cette photo avec sa mère qui écrivait en commentaire qu'elle avait hâte que son fils rentre aux states après son diplôme cette année.
J'ai eu un pincement au cœur.
Non mais, ridicule, achevez-moi!
Je connais pas ce type.
Je suis juste une psychopathe de l'amour.
N'empêche, je le revois déclamer mon prénom avec énergie lorsque nos regards se sont croisés, comme une évidence. Moi, je croyais qu'il s'appelait James. J'avais zappé. Je l'avais même zappé complètement avant de tomber sur lui ce soir là. Lui, il avait demandé de mes nouvelles à mon amie il y a pas si longtemps de ça.
Je ne sais pas pourquoi il m'a plu autant et si vite.
Mais il hante mon esprit qui s'embrase à l'idée de le revoir.
Peut-être que ce n'est qu'un placebo parmi tant d'autres.
Et qu'il me faut cet illusoire là pour ne pas souffrir.
Mon corps, lui, accuse le choc.
En charpie, il ne peut pas mentir.
Une rupture est une rupture.
Mais Peter, quand même, il a un beau regard. Il a un doux sourire. Et quelque chose de vraiment sain à le côtoyer, même brièvement. Alors, je saurai assez vite si cela me convient ou pas. Si c'est encore s'attacher à quelqu'un qui doit déjà partir, comme toutes mes dernières histoires. Quel intérêt.
On croirait pas comme ça, mais je ne suis ni dans la recherche, ni dans l'attente.
Il m'est juste tombé dessus, par inadvertance.
Alors avec prudence, je souhaite jauger. Déceler en l'homme la potentialité d'un véritable échange.
Et si jamais les atomes crochus se font tendres, je pourrai enfin prendre la décision d'être patiente.
Le temps comme allié, et se donner toutes les opportunités possibles et imaginables d'avancer petit à petit sans enjamber les marches.
Laissez tomber. Je craque pour Peter.
Je suis une vraie détective d'internet. Avec un seul prénom, j'ai retrouvé sa vie, sa famille, ses photos... Quand je vois tout ce qu'on peut apprendre avec si peu d'informations, je suis tellement contente de ne jamais avoir ouvert de profil privé Facebook!
M'enfin, au détour d'une page, il y avait cette photo avec sa mère qui écrivait en commentaire qu'elle avait hâte que son fils rentre aux states après son diplôme cette année.
J'ai eu un pincement au cœur.
Non mais, ridicule, achevez-moi!
Je connais pas ce type.
Je suis juste une psychopathe de l'amour.
N'empêche, je le revois déclamer mon prénom avec énergie lorsque nos regards se sont croisés, comme une évidence. Moi, je croyais qu'il s'appelait James. J'avais zappé. Je l'avais même zappé complètement avant de tomber sur lui ce soir là. Lui, il avait demandé de mes nouvelles à mon amie il y a pas si longtemps de ça.
Je ne sais pas pourquoi il m'a plu autant et si vite.
Mais il hante mon esprit qui s'embrase à l'idée de le revoir.
Peut-être que ce n'est qu'un placebo parmi tant d'autres.
Et qu'il me faut cet illusoire là pour ne pas souffrir.
Mon corps, lui, accuse le choc.
En charpie, il ne peut pas mentir.
Une rupture est une rupture.
Mais Peter, quand même, il a un beau regard. Il a un doux sourire. Et quelque chose de vraiment sain à le côtoyer, même brièvement. Alors, je saurai assez vite si cela me convient ou pas. Si c'est encore s'attacher à quelqu'un qui doit déjà partir, comme toutes mes dernières histoires. Quel intérêt.
On croirait pas comme ça, mais je ne suis ni dans la recherche, ni dans l'attente.
Il m'est juste tombé dessus, par inadvertance.
Alors avec prudence, je souhaite jauger. Déceler en l'homme la potentialité d'un véritable échange.
Et si jamais les atomes crochus se font tendres, je pourrai enfin prendre la décision d'être patiente.
Le temps comme allié, et se donner toutes les opportunités possibles et imaginables d'avancer petit à petit sans enjamber les marches.
vendredi 14 février 2014
La Saint Valentin ne me porte pas en son coeur.
Je le sais.
Et même si il n'y a pas une semaine mon amoureux et moi nous nous séparions, au fond c'était peut-être le plus beau cadeau que l'on pouvait s'offrir.
Bonne Saint Valentin alors.
Et même si il n'y a pas une semaine mon amoureux et moi nous nous séparions, au fond c'était peut-être le plus beau cadeau que l'on pouvait s'offrir.
Bonne Saint Valentin alors.
mercredi 12 février 2014
La vie entremetteuse
Bon, ben voilà.
Il y avait eu comme une révélation ce jour d'avril.
Une transe furtive, une illumination.
La vie nous réunissait.
J'ai écouté la vie, je me suis ouverte à toi et mon cœur encrassé, tu l'as fait reluire à nouveau.
J'aurais dû l'écouter jusqu'au bout, elle m'avertissait aussi de ne pas brûler les étapes.
Mais en moi, peu m'importait l'ordre où les actes, puisqu'ils se justifiaient par l'amour.
J'ai pensé que nos petits cyprès magiques trouvés sur le lieu de notre rencontre allaient grandir et s'épanouir comme jamais, puisque l'amour les nourrissait avec nous.
Je croyais sincèrement que cela suffisait. Qu'on pouvait vivre comme cela.
Mais ton cyprès baigné dans trop d'eau est vite tombé malade.
Et quand pour une absence d'une semaine je t'ai confié le mien, il s'est séché sous ton soleil meurtrier.
Lorsque je suis revenue de mon voyage, j'ai beaucoup pleuré.
J'ai beaucoup pleuré sur nos cyprès d'amour.
Sur notre négligence.
Et la naïveté de croire que notre sentiment ne nécessitait rien d'autre que lui-même pour entretenir l'histoire.
Qu'il vaincrait seul les aléas de l'existence.
Parce qu'il était le plus fort. Le plus intense qu'il m'ait été donné de ressentir jusque là.
Parce que c'était la vie qui m'avait dit. Qui t'avait présenté à moi.
Et que je croyais en la vie.
Aujourd'hui, je n'ai pas de larmes à t'offrir.
Mon sorcier bienveillant.
Nous n'avons peut-être pas tant bienveillé l'un sur l'autre.
Mais je ne t'en veux pas.
Et même que je t'aime.
Mais comme mon petit arbre, c'est un émoi raidi et jauni qui s'effrite en mon cœur.
Il n'aura pas survécu à l'hiver.
Je ne t'en veux pas.
Je ne m'en veux plus.
Notre histoire est morte et c'est la prochaine qui portera en elle le fruit de nos erreurs.
Un cycle interminable.
La vie entremetteuse.
Il y avait eu comme une révélation ce jour d'avril.
Une transe furtive, une illumination.
La vie nous réunissait.
J'ai écouté la vie, je me suis ouverte à toi et mon cœur encrassé, tu l'as fait reluire à nouveau.
J'aurais dû l'écouter jusqu'au bout, elle m'avertissait aussi de ne pas brûler les étapes.
Mais en moi, peu m'importait l'ordre où les actes, puisqu'ils se justifiaient par l'amour.
J'ai pensé que nos petits cyprès magiques trouvés sur le lieu de notre rencontre allaient grandir et s'épanouir comme jamais, puisque l'amour les nourrissait avec nous.
Je croyais sincèrement que cela suffisait. Qu'on pouvait vivre comme cela.
Mais ton cyprès baigné dans trop d'eau est vite tombé malade.
Et quand pour une absence d'une semaine je t'ai confié le mien, il s'est séché sous ton soleil meurtrier.
Lorsque je suis revenue de mon voyage, j'ai beaucoup pleuré.
J'ai beaucoup pleuré sur nos cyprès d'amour.
Sur notre négligence.
Et la naïveté de croire que notre sentiment ne nécessitait rien d'autre que lui-même pour entretenir l'histoire.
Qu'il vaincrait seul les aléas de l'existence.
Parce qu'il était le plus fort. Le plus intense qu'il m'ait été donné de ressentir jusque là.
Parce que c'était la vie qui m'avait dit. Qui t'avait présenté à moi.
Et que je croyais en la vie.
Aujourd'hui, je n'ai pas de larmes à t'offrir.
Mon sorcier bienveillant.
Nous n'avons peut-être pas tant bienveillé l'un sur l'autre.
Mais je ne t'en veux pas.
Et même que je t'aime.
Mais comme mon petit arbre, c'est un émoi raidi et jauni qui s'effrite en mon cœur.
Il n'aura pas survécu à l'hiver.
Je ne t'en veux pas.
Je ne m'en veux plus.
Notre histoire est morte et c'est la prochaine qui portera en elle le fruit de nos erreurs.
Un cycle interminable.
La vie entremetteuse.
mardi 11 février 2014
Attention, ceci est un message de rupture
"Je t'aime fortement et je suis heureux de connaître un être aussi merveilleux que toi.
Je t'aime fortement et je suis pleinement satisfait de cette belle discussion constructive de cette nuit.
Je t'aime fortement et je suis heureux que tu sois libre d'aimer comme tu le sens, sans que je sois ta prison.
Je t'aime fortement et je ne t'oublie pas. La suite de la vie a été annoncée cette nuit, avec franchise, avec douleur, mais avec libération, et je t'aime tout autant davantage.
Je t'aime fortement et je souhaite garder cette beauté de lien qui nous a unis à notre rencontre, et que nous avons continué de développer durant ces merveilleux mois à tes côtés.
Je t'aime fortement et je t'aime fortement et je t'aime fortement...
Je t'aime fortement et je te remercie d'exister.
Tu es belle, et je t'aime vraiment fort...Merci..."
Je t'aime fortement et je suis pleinement satisfait de cette belle discussion constructive de cette nuit.
Je t'aime fortement et je suis heureux que tu sois libre d'aimer comme tu le sens, sans que je sois ta prison.
Je t'aime fortement et je ne t'oublie pas. La suite de la vie a été annoncée cette nuit, avec franchise, avec douleur, mais avec libération, et je t'aime tout autant davantage.
Je t'aime fortement et je souhaite garder cette beauté de lien qui nous a unis à notre rencontre, et que nous avons continué de développer durant ces merveilleux mois à tes côtés.
Je t'aime fortement et je t'aime fortement et je t'aime fortement...
Je t'aime fortement et je te remercie d'exister.
Tu es belle, et je t'aime vraiment fort...Merci..."
lundi 10 février 2014
Play-Doh
Fouuh, c'est pas facile.
On rêve tous d'une idylle.
C'est juste qu'il n'y a pas une semaine, j'étais fière de me dire que j'avais pas besoin de ça.
Que même si c'était le désert de Gobi dans mon couple, c'était pas si important, parce que de toute façon j'étais bien toute seule. Que c'était parfait de ne pas avoir à chercher, sans avoir à être monopolisée par ce qu'on a trouvé déjà. Un cadre sans grosse contrainte, en somme.
Et puis Peter. Sentir ses sens répondre aux appels invisibles. Insidieusement.
Puis complètement assumés, si les limites n'avaient pas été posées au préalable.
Dans un autre contexte, j'y serais allée franco, je crois. Cash, je l'aurais serré contre mon cœur, je l'aurais cajolé sans trop lui demander son avis. Parce qu'il est cette mignonnerie incarnée, c'est affolant. Affriolant. Je regardais ses mains, parfaitement dessinées, proportionnées, légèrement musclées et sinueuses. Je regardais ses mains, et je voulais les palper, les passer dans mes cheveux. Je voulais écarter ses doigts, pétrir ses phalanges comme on manipule l'argile, je voulais façonner son corps incroyable, sa chute de reins, soulager ses épaules. J'avais envie de le porter, le faire tourner dans les airs, il me dépasse à peine et j'aime ça je crois, les hommes qu'on embrasse les talons à plat, qui s'encastrent tout seul entre nos formes respectives. Pâte à modeler.
Je regardais ses yeux, d'un bleu exotique, pacifique, où coulent les lagunes, ses dents d'enfant, et ses boucles blondes qui lui tombaient sur la nuque, et mon Dieu, oh mon Dieu! Neutralisez-moi! Le fantasme du boys band dans un petit corps d'homme. Or ce n'est pas son accent à tomber qui m'éloignera du mythe.
Je ne savais plus où regarder, tout mon être voulait l'emprisonner dans mes bras. Ma bouche se mordait les lèvres de lui crier d'un grand éclat de rire qu'il me faisait complètement craquer, jubiler, fondre, mes mains se tordaient sur elles-mêmes pour ne pas, et pendant ce temps, avec ses mots à lui, il faisait vibrer l'écho de mon âme mise au placard cette soirée là, il s'exprimait avec une telle sagesse et joie de vivre, un recul et un non jugement sur les choses, je n'en croyais pas mes oreilles, un boys band intelligent qui sort de l'école normale supérieure, ça n'existe pas!
Ce garçon respire la gentillesse à trois kilomètres à la ronde.
Mon problème étant que j'ai un sérieux faible pour les gentils.
Mais bon.
La parenthèse se referme.
Et puis je me suis promis de ne plus précipiter mes battements de cœur, même s'ils partent à l'abordage sans moi, de me réserver le temps de faire des choix muris et assumés dans leur intégralité. Ce qui implique de se respecter jusqu'au bout des ongles, au détriment de personne.
Donc voilà.
En attendant, j'ai aucune nouvelle de mon sorcier bienveillant depuis une semaine.
Penser pour la prochaine fois à ne plus s'essayer au jeu du "hey tiens, et si j'arrêtais de l'appeler, qu'est-ce que ça donnerait?".
Parce que ça ne donne rien.
Tristesse.
Quand je vois ce qu'une intensité de flamme telle que la notre peut devenir quand on ne l'entretient pas, ça me fait réfléchir à deux fois.
On rêve tous d'une idylle.
C'est juste qu'il n'y a pas une semaine, j'étais fière de me dire que j'avais pas besoin de ça.
Que même si c'était le désert de Gobi dans mon couple, c'était pas si important, parce que de toute façon j'étais bien toute seule. Que c'était parfait de ne pas avoir à chercher, sans avoir à être monopolisée par ce qu'on a trouvé déjà. Un cadre sans grosse contrainte, en somme.
Et puis Peter. Sentir ses sens répondre aux appels invisibles. Insidieusement.
Puis complètement assumés, si les limites n'avaient pas été posées au préalable.
Dans un autre contexte, j'y serais allée franco, je crois. Cash, je l'aurais serré contre mon cœur, je l'aurais cajolé sans trop lui demander son avis. Parce qu'il est cette mignonnerie incarnée, c'est affolant. Affriolant. Je regardais ses mains, parfaitement dessinées, proportionnées, légèrement musclées et sinueuses. Je regardais ses mains, et je voulais les palper, les passer dans mes cheveux. Je voulais écarter ses doigts, pétrir ses phalanges comme on manipule l'argile, je voulais façonner son corps incroyable, sa chute de reins, soulager ses épaules. J'avais envie de le porter, le faire tourner dans les airs, il me dépasse à peine et j'aime ça je crois, les hommes qu'on embrasse les talons à plat, qui s'encastrent tout seul entre nos formes respectives. Pâte à modeler.
Je regardais ses yeux, d'un bleu exotique, pacifique, où coulent les lagunes, ses dents d'enfant, et ses boucles blondes qui lui tombaient sur la nuque, et mon Dieu, oh mon Dieu! Neutralisez-moi! Le fantasme du boys band dans un petit corps d'homme. Or ce n'est pas son accent à tomber qui m'éloignera du mythe.
Je ne savais plus où regarder, tout mon être voulait l'emprisonner dans mes bras. Ma bouche se mordait les lèvres de lui crier d'un grand éclat de rire qu'il me faisait complètement craquer, jubiler, fondre, mes mains se tordaient sur elles-mêmes pour ne pas, et pendant ce temps, avec ses mots à lui, il faisait vibrer l'écho de mon âme mise au placard cette soirée là, il s'exprimait avec une telle sagesse et joie de vivre, un recul et un non jugement sur les choses, je n'en croyais pas mes oreilles, un boys band intelligent qui sort de l'école normale supérieure, ça n'existe pas!
Ce garçon respire la gentillesse à trois kilomètres à la ronde.
Mon problème étant que j'ai un sérieux faible pour les gentils.
Mais bon.
La parenthèse se referme.
Et puis je me suis promis de ne plus précipiter mes battements de cœur, même s'ils partent à l'abordage sans moi, de me réserver le temps de faire des choix muris et assumés dans leur intégralité. Ce qui implique de se respecter jusqu'au bout des ongles, au détriment de personne.
Donc voilà.
En attendant, j'ai aucune nouvelle de mon sorcier bienveillant depuis une semaine.
Penser pour la prochaine fois à ne plus s'essayer au jeu du "hey tiens, et si j'arrêtais de l'appeler, qu'est-ce que ça donnerait?".
Parce que ça ne donne rien.
Tristesse.
Quand je vois ce qu'une intensité de flamme telle que la notre peut devenir quand on ne l'entretient pas, ça me fait réfléchir à deux fois.
dimanche 9 février 2014
Peter
Ça fait du bien d'écrire ses nœuds.
On les pose alors devant soi et on peut les y laisser.
Les frustrations, les contrariétés, les déceptions, les inhibitions.
Balayées par les mots justes qui résonnent.
C'était avant-hier, je disais à mon amie qui partage un peu la même situation sentimentale que moi, que si je le voulais je pourrais trouver tout un tas d'hommes intéressants avec qui me fondre, mais que si je prenais réellement le temps d'approfondir la compréhension de l'autre avant de me ruer vers une affinité physique et le lien affectif qui en découle, je ne ferais peut-être pas les mêmes choix.
Des connections intenses avec des êtres, des âmes-sœurs comme on pourrait les appeler, ce n'est pas si rare. On va pas copuler avec toutes. C'est souvent inutiles voire même désavantageux. Comment dire, c'est comme une partie de belote coinchée. Si tu coupes, tu prends le pli. Mais y'a plein de cas où tu peux te défausser, et même si le pli tu le récupères pas toi, tu laisses peut-être alors la main à ton partenaire qui lui a de meilleures cartes à jouer par la suite. Bah voilà. Une relation sensuelle, c'est couper. C'est direct être maître et prendre la main. Mais c'est peut-être mal joué, et peut-être que ça va t'empêcher de faire ton dix de der de la fin.
Je préfère garder mes cartes et prendre le temps d'analyser la valeur de la relation et la forme la plus adéquate qui pourrait lui seoir (verbe bizarre j'en conviens).
Bref, hier soir j'ai rencontré un Peter.
C'est étrange parce que j'évoquais ce prénom anglophone ici il y a quelques jours.
C'était il y a deux ans lorsque je l'ai vu pour la première fois. On a accroché tout de suite.
On parlait la même musique.
Puis il avait ce petit accent à croquer.
Ce regard doux, calme, bienveillant.
Dans ce grand appartement, il est resté dormir pour moi je crois.
J'étais en couple avec mon garçon des étoiles à ce moment là et je ne voulais pas jouer avec le feu, alors je l'ai laissé en plan, un peu.
Parce qu'il me plaisait.
Par la suite, il m'a envoyé ces petits messages tout mignon pleins de fautes de français où il me partageait ses humeurs, ses découvertes, ses passions. Il m'invitait à des soirées, des danses, des barbecues, des piques niques.... Je n'ai jamais osé. Puis j'ai perdu son numéro de téléphone l'affaire s'est réglée d'elle-même.
Aujourd'hui, je n'arrive plus à savoir quel statut je porte sur moi. Et où j'en suis avec mon sorcier bienveillant. Depuis qu'il m'a avoué ne plus imaginer faire sa vie avec moi et notre couple durer, ça m'a calmée net. J'arrive plus à me convaincre qu'on puisse être réellement ensemble dans de telles circonstances et avec un tel état d'esprit. Même si on s'aime.
Même s'il traverse une passade.
Et que des passades, dans une vie, on en traverse tous.
Même si c'est moi qui n'ait pas accepté le motif de la rupture, cet octobre.
Qui ait tout fait pour l'accompagner, l'encourager, lui amener de la bonne humeur et du positif, lui montrer que lorsqu'il ira bien, ça pourrait fonctionner nous deux, malgré la distance.
Mais actuellement, ça ne va que dans un sens.
Mes "je t'aime" tombent à l'eau.
Reçoivent des "merci c'est gentil".
Mes déclarations ne font que m'enthousiasmer seule parce que je sais et je le comprends, il n'est pas en mesure de me donner quoi que ce soit.
Je ne peux pas lui reprocher d'être dans une période difficile de sa vie.
Et quatre mois et quelques de galère, c'est quoi sur l'ensemble d'une existence?
Alors je rencontre des Peter.
Qui se souviennent de mon prénom, bien qu'on se soit vus une fois il y a deux ans de ça.
Qui discutent avec moi libres, en équilibre, sans attente.
Qui me parlent de confiance. Celle que l'on donne à la Vie et qui nous la rend.
Avec un sourire.
Pas charmeur.
Juste, de bien-être.
Heureusement que je ne cherche pas l'amour.
J'aurais pu finir par le trouver un de ces quatre, au détour d'un hier.
On les pose alors devant soi et on peut les y laisser.
Les frustrations, les contrariétés, les déceptions, les inhibitions.
Balayées par les mots justes qui résonnent.
C'était avant-hier, je disais à mon amie qui partage un peu la même situation sentimentale que moi, que si je le voulais je pourrais trouver tout un tas d'hommes intéressants avec qui me fondre, mais que si je prenais réellement le temps d'approfondir la compréhension de l'autre avant de me ruer vers une affinité physique et le lien affectif qui en découle, je ne ferais peut-être pas les mêmes choix.
Des connections intenses avec des êtres, des âmes-sœurs comme on pourrait les appeler, ce n'est pas si rare. On va pas copuler avec toutes. C'est souvent inutiles voire même désavantageux. Comment dire, c'est comme une partie de belote coinchée. Si tu coupes, tu prends le pli. Mais y'a plein de cas où tu peux te défausser, et même si le pli tu le récupères pas toi, tu laisses peut-être alors la main à ton partenaire qui lui a de meilleures cartes à jouer par la suite. Bah voilà. Une relation sensuelle, c'est couper. C'est direct être maître et prendre la main. Mais c'est peut-être mal joué, et peut-être que ça va t'empêcher de faire ton dix de der de la fin.
Je préfère garder mes cartes et prendre le temps d'analyser la valeur de la relation et la forme la plus adéquate qui pourrait lui seoir (verbe bizarre j'en conviens).
Bref, hier soir j'ai rencontré un Peter.
C'est étrange parce que j'évoquais ce prénom anglophone ici il y a quelques jours.
C'était il y a deux ans lorsque je l'ai vu pour la première fois. On a accroché tout de suite.
On parlait la même musique.
Puis il avait ce petit accent à croquer.
Ce regard doux, calme, bienveillant.
Dans ce grand appartement, il est resté dormir pour moi je crois.
J'étais en couple avec mon garçon des étoiles à ce moment là et je ne voulais pas jouer avec le feu, alors je l'ai laissé en plan, un peu.
Parce qu'il me plaisait.
Par la suite, il m'a envoyé ces petits messages tout mignon pleins de fautes de français où il me partageait ses humeurs, ses découvertes, ses passions. Il m'invitait à des soirées, des danses, des barbecues, des piques niques.... Je n'ai jamais osé. Puis j'ai perdu son numéro de téléphone l'affaire s'est réglée d'elle-même.
Aujourd'hui, je n'arrive plus à savoir quel statut je porte sur moi. Et où j'en suis avec mon sorcier bienveillant. Depuis qu'il m'a avoué ne plus imaginer faire sa vie avec moi et notre couple durer, ça m'a calmée net. J'arrive plus à me convaincre qu'on puisse être réellement ensemble dans de telles circonstances et avec un tel état d'esprit. Même si on s'aime.
Même s'il traverse une passade.
Et que des passades, dans une vie, on en traverse tous.
Même si c'est moi qui n'ait pas accepté le motif de la rupture, cet octobre.
Qui ait tout fait pour l'accompagner, l'encourager, lui amener de la bonne humeur et du positif, lui montrer que lorsqu'il ira bien, ça pourrait fonctionner nous deux, malgré la distance.
Mais actuellement, ça ne va que dans un sens.
Mes "je t'aime" tombent à l'eau.
Reçoivent des "merci c'est gentil".
Mes déclarations ne font que m'enthousiasmer seule parce que je sais et je le comprends, il n'est pas en mesure de me donner quoi que ce soit.
Je ne peux pas lui reprocher d'être dans une période difficile de sa vie.
Et quatre mois et quelques de galère, c'est quoi sur l'ensemble d'une existence?
Alors je rencontre des Peter.
Qui se souviennent de mon prénom, bien qu'on se soit vus une fois il y a deux ans de ça.
Qui discutent avec moi libres, en équilibre, sans attente.
Qui me parlent de confiance. Celle que l'on donne à la Vie et qui nous la rend.
Avec un sourire.
Pas charmeur.
Juste, de bien-être.
Heureusement que je ne cherche pas l'amour.
J'aurais pu finir par le trouver un de ces quatre, au détour d'un hier.
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