lundi 3 février 2025

Déjà-vu

Je relis mes textes d'il y a dix ans. J'ai oublié tant de choses. J'ai tellement oublié ce que je ressentais il y a dix années que je découvre avec une surprise totale que je vivais déjà la même injustice à l'époque. Les mêmes épreuves et coups du sort. 

Ces hommes désolés de ne pas être capables de me donner l'amour que je méritais. Parce qu'ils en étaient dépourvus, cassés, brisés par la vie ou par un précédent espoir.
Moi qui romps les histoires alors que je suis clairement en train de me faire larguer. 
Et puis les autres hommes, qui disparaissent du jour au lendemain alors que tout était génial. 
Maintenant que je relis, leurs mots se rejoignent. Ils ont tous fuis par peur de l'intensité que j'éveillais en eux. A chaque fois, ils se sont sentis fascinés, et au lieu de profiter de la connexion, ont préféré s'en protéger. A chaque fois. 

Je vis inexorablement des relations avec des hommes incapables de m'aimer.
Et les hommes pour qui la rencontre fait naître une flamme malgré eux choisissent de s'en éloigner.

La vie est une pute ou quoi ? 

On est d'accord que c'est pas censé se passer comme ça à la base ? 

Est ce que je suis encore à l'âge où ma trajectoire d'existence peut drastiquement changer la donne ? 

Je sais pas. 
C'est triste.

Et ce qui est fou dans tout ça, c'est que je peux pas m'empêcher de ressentir envers toi cet émoi de mes vingt ans. Comme si je ne m'étais jamais découragée. Comme si j'étais toujours aussi forte, candide et insouciante. Comme si la douleur se contentait de me traverser sans jamais me cueillir. 

Je suis en train de tomber amoureuse toute seule, parce que tu n'es pas là pour le voir. 
Au point où je suis en train de me dire qu'une journée sans toi est une journée dans ma vie de perdue. Que c'est une journée qui n'a plus de sens. Que c'est du temps et des occasions que je gaspille sur la courte durée de mon passage sur Terre, à ne pas évoluer en ta présence, à ne pas grandir avec toi, partager l'expérience et les souvenir, et les projets, et...

Et je le sais. Tu vas t'enfuir, comme les autres. Surement. 
Je t'avais prévenue de l'éventualité.
Mais prévenir ne prémunit pas du résultat.
Je le sais.

Qu'est-ce que je peux y faire.




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Du temps à tuer?