Griffonné à la vitre d'un train sur le retour, un 23.04.13 à 20h02.
Je pense à toi. Dans ce wagon qui file, j'observe sous un ciel lunaire
les derniers éclats du soleil magnifier ces terres fertiles et je pense à
toi. Devrais-je dire, je n'ai cessé de penser à toi. Et dans le métro
parisien, lorsque l'on m'a demandé comment j'allais appeler le petit
cyprès posé à côté de moi je n'ai pas songé à lui trouver de nom. J'ai
juste pensé à toi. A ton visage caressant ses branches. A ta phrase "je
le fais sur l'arbre pour ne pas le faire dans tes cheveux". Mais je t'en
prie, fais-le. Je veux ta figure plaquée contre ma peau, ta salive
m'imbiber et tes crocs se planter en moi, je veux que l'on s'imprègne de
toute cette matière qui nous a réuni ici. En silence. Je crépite de
désirs qui naissent et qui ne s'éteignent pas. Me plonger dans tes bras.
Dans ton être entier.
Outre cette bouche sèche et carbonisée
qui s'est rappelée à moi durant tout le weekend, je me suis remémoré
m'être littéralement ébouillantée la lèvre inférieure un soir dans ma
cuisine lors de nos retrouvailles de février parce que c'est ça.
J'essaie de temporiser, de tenir des discours raisonnables mais ça me
brûle les lèvres de te dire. De me contenir, de toutes ces envies qui
m'implosent l'intérieur ne pouvant se libérer en bonne et due forme.
J'ai bien conscience que tomber d'amour n'est encore qu'une question de choix.
Celui de se laisser glisser ou pas lorsqu'on le voit arriver.
En cela, je te demande pardon.
Tu
m'avais prévenue et bien que durant deux ans j'ai su me préserver des
dérives du cœur, je me suis laissée doucement glisser lorsque tu t'es
ouvert à moi. Pardon. Je t'aime. Pardon de ne pas respecter tes
décisions. Pardon de ne pas avoir envie de t'écouter, même si c'est
sage. De souhaiter si ardemment consumer cet amour. Tu l'as peut-être
senti. M'embraser à ton toucher et tous ces élans qui me claquent à la
gueule lorsque je croise la bienveillance de ton regard. Parce que,
sincèrement, je ne souhaite rien t'imposer. Dans cet institut de
coiffure, assise immobile en face du grand miroir, la même chanson que
devant la part de pizza. "How deep is your love". Je ne sais pas. Ça se calmera
peut-être dans les jours qui viennent, qui sait. Je veux bien tenter
d'apaiser mon émoi s'il est source de problèmes. Même si, fondamentalement, j'ai surtout envie de le vivre.
Allez, je reste ouverte aux solutions que je n'envisage pas.
Parce que, probablement que je t'aime plus que tout ça.
J'avais juste besoin de te le dire.
Ne t'en fais pas.
Je continue de veiller sur toi.
"Tu sais ce que les gens faisaient autrefois, lorsqu'ils avaient des secrets qu'ils ne voulaient pas partager? Ils gravissaient une montagne, trouvaient un arbre, y taillaient un trou, et y murmuraient leur secret. Ils le couvraient ensuite de boue. De cette façon, personne d'autre ne le découvrait jamais." 2046, Wong Kar Wai
mercredi 24 avril 2013
mardi 23 avril 2013
Il n'y a pas de titre à cette histoire
Le 22.04.13 vers 18 heures.
Gribouillé sur une feuille à petits carreaux dans un snack bio près d'Opéra.
Tu vois, c'est tout simple. Ne pas avoir envie de le laisser partir. Ressentir l'enthousiasme, puis le manque. Prolonger les journées à l'infini, ne serait-ce que pour rester encore un peu. L'observer le matin dans son costume deux pièces dépareillé et brûler de lui souffler "Tu es beau. Je t'aime.". Sans avoir besoin d'attendre que le temps fasse son travail. Avoir l'élan d'embrasser les inconnus dans la rue pour distribuer l'amour. Parce qu'on est remplis de joie, de gratitude, de bonheur d'exister ici et maintenant. Sentir la vie coller différemment sur la peau, l'air que l'on respire plus réel, plus réellement sentir son corps et son cœur cogner, ses pieds fouler le sol comme si l'instant avait davantage de saveur, de couleurs, d'impact sur l'être. Et est-ce que c'est de l'amour? On s'en foutrait presque. La question ne se pose pas. Il n'y a pas de question à poser. Il n'y a plus ces doutes qui résonnent en nos tympans. Plus rien, pas de phrases, juste cette envie d'avancer, portée par la flamme et le mouvement, en avant toujours, jusqu'à se jeter, à l'eau, jusqu'à faire le grand saut dans le vide, avec toi, pour toi, pour la beauté du sentiment qui m'envahit et qui ne m'avait plus touchée depuis si longtemps. Je t'aime. Peu m'importe la temporalité de référence. Peu m'importe l'utilité d'un nous, ou sa forme. Peu m'importe tout. Parce qu'aujourd'hui je t'aime. Au présent. Et si l'émotion file dans quelques jours, ce sera bien aussi. Ce sera suffisant. Le simple fait de vivre un tel état fait naître mes mercis, me réveille d'une léthargie vieille de mille ans, m'apaise en même temps qu'il me donne le courage de prendre mon destin à deux mains et d'en faire quelque chose. Un moteur. Une turbine.
Ce n'est qu'une sensation furtive.
Mais qui prouve de la manière la plus sure qui soit que je ne suis pas si morte.
J'entends mon coeur qui bat.
Gribouillé sur une feuille à petits carreaux dans un snack bio près d'Opéra.
Tu vois, c'est tout simple. Ne pas avoir envie de le laisser partir. Ressentir l'enthousiasme, puis le manque. Prolonger les journées à l'infini, ne serait-ce que pour rester encore un peu. L'observer le matin dans son costume deux pièces dépareillé et brûler de lui souffler "Tu es beau. Je t'aime.". Sans avoir besoin d'attendre que le temps fasse son travail. Avoir l'élan d'embrasser les inconnus dans la rue pour distribuer l'amour. Parce qu'on est remplis de joie, de gratitude, de bonheur d'exister ici et maintenant. Sentir la vie coller différemment sur la peau, l'air que l'on respire plus réel, plus réellement sentir son corps et son cœur cogner, ses pieds fouler le sol comme si l'instant avait davantage de saveur, de couleurs, d'impact sur l'être. Et est-ce que c'est de l'amour? On s'en foutrait presque. La question ne se pose pas. Il n'y a pas de question à poser. Il n'y a plus ces doutes qui résonnent en nos tympans. Plus rien, pas de phrases, juste cette envie d'avancer, portée par la flamme et le mouvement, en avant toujours, jusqu'à se jeter, à l'eau, jusqu'à faire le grand saut dans le vide, avec toi, pour toi, pour la beauté du sentiment qui m'envahit et qui ne m'avait plus touchée depuis si longtemps. Je t'aime. Peu m'importe la temporalité de référence. Peu m'importe l'utilité d'un nous, ou sa forme. Peu m'importe tout. Parce qu'aujourd'hui je t'aime. Au présent. Et si l'émotion file dans quelques jours, ce sera bien aussi. Ce sera suffisant. Le simple fait de vivre un tel état fait naître mes mercis, me réveille d'une léthargie vieille de mille ans, m'apaise en même temps qu'il me donne le courage de prendre mon destin à deux mains et d'en faire quelque chose. Un moteur. Une turbine.
Ce n'est qu'une sensation furtive.
Mais qui prouve de la manière la plus sure qui soit que je ne suis pas si morte.
J'entends mon coeur qui bat.
mercredi 3 avril 2013
Un tiens vaudrait-il mieux que deux tu l'auras?
J'ai beau me poser des tas de questions, me sentir à ma place seule dans mon appartement et rattraper le temps, me demander si toi et moi c'est nécessaire, si la petite flamme qui nait n'est pas truquée par l'envie de la voir reluire absolument, j'ai beau douter, des cartes que l'on détient, de celles qu'il nous reste à jouer et s'il nous en reste, j'ai beau douter de ce que je ressens, pour toi, pour les autres, j'ai beau comparer sans cesse, me heurter à des murs, une mémoire épineuse, me rappelant les erreurs à ne plus reproduire, et si l'erreur c'était toi, faudrait-il te reproduire, et pourquoi je ne flanche pas lorsque je te regarde, pourquoi j'en perds pas l'appétit, pourquoi tu ne hantes pas mes nuits, parce que tu n'es pas un rêve? parce que tu es juste là? ou parce que t'es juste pas trop beau pour être vrai, pourquoi, pourquoi je sais pas ce que ça me fait, ton absence, pourquoi je ne suis pas aussi retournée qu'avec d'autres, pourquoi je ne suis pas aussi connectée qu'avec d'autres, pourquoi c'est si agréable d'être avec toi malgré tout ça, malgré tout ce que tu n'as pas pourquoi je m'attache quand même, pourquoi tu commences à me plaire, alors qu'il n'y avait aucun prémices et est-ce que c'est fatal, est ce que c'est pas ce qui nous attend à force de se fréquenter, est-ce que si je passais ma vie avec un gorille mutant j'en tomberais amoureuse à un moment donné parce que mon cœur d'artichaut aura toujours raison de moi, est-ce que c'est toi, est-ce que ce doit être toi, dis-le moi.
Il y a bien deux concepts qui font du ping-pong en mon esprit, à savoir s'il faut se contenter de ce que l'on a, apprendre à apprécier ce qui est devant soi même si ce n'est parfait parce que la vie se fait au présent et oublier nos attentes pour savourer le goût d'un bonheur simple ou faire preuve de courage et d'intégrité en ne déviant pas de nos objectifs premiers, refuser les choix faciles mais approximatifs et avoir assez de patience pour se donner la possibilité d'obtenir ce que l'on désire véritablement, laisser du temps à nos souhaits formulés de se réaliser.
J'ai beau me poser des tas de questions.
Tu me manques.
Et c'est inexplicable.
Il y a bien deux concepts qui font du ping-pong en mon esprit, à savoir s'il faut se contenter de ce que l'on a, apprendre à apprécier ce qui est devant soi même si ce n'est parfait parce que la vie se fait au présent et oublier nos attentes pour savourer le goût d'un bonheur simple ou faire preuve de courage et d'intégrité en ne déviant pas de nos objectifs premiers, refuser les choix faciles mais approximatifs et avoir assez de patience pour se donner la possibilité d'obtenir ce que l'on désire véritablement, laisser du temps à nos souhaits formulés de se réaliser.
J'ai beau me poser des tas de questions.
Tu me manques.
Et c'est inexplicable.
mardi 2 avril 2013
Aspirations ardentes d'un lundi soir comme un autre
Les œuvres pour piano de Schubert sont devenues mes berceuses du quotidien.
J'ai le cœur qui lévite. Il me crie.
"C'est ça!"
"C'est ce que tu as envie de faire."
De telles musiques.
Il y a beau parfois avoir tout un fouillis de notes et virtuosités inatteignables , reste l'empreinte d'une mélodie claire et épurée en mes oreilles. Je ne sais pas comment dire, et d'où me vient l'impression. Je la ressens au fond de moi, comme une révélation. Je ne me sens pas tomber amoureuse. Non, c'est une autre passion. Un élan inspiré, une envie de mettre la main à la pâte. Et n'être qu'un buvard. Boire l'information. Se servir de brouillons. Puis oublier, devenir amnésique.
Et une fois la mémoire entièrement nettoyée, laisser les doigts courir.
J'ai envie. Si vous saviez.
Ce que j'ai envie.
J'ai le cœur qui lévite. Il me crie.
"C'est ça!"
"C'est ce que tu as envie de faire."
De telles musiques.
Il y a beau parfois avoir tout un fouillis de notes et virtuosités inatteignables , reste l'empreinte d'une mélodie claire et épurée en mes oreilles. Je ne sais pas comment dire, et d'où me vient l'impression. Je la ressens au fond de moi, comme une révélation. Je ne me sens pas tomber amoureuse. Non, c'est une autre passion. Un élan inspiré, une envie de mettre la main à la pâte. Et n'être qu'un buvard. Boire l'information. Se servir de brouillons. Puis oublier, devenir amnésique.
Et une fois la mémoire entièrement nettoyée, laisser les doigts courir.
J'ai envie. Si vous saviez.
Ce que j'ai envie.
dimanche 31 mars 2013
Viennent toquer en ma poitrine les rengaines majestueuses
J'écoute Schubert.
Ça me rappelle cette salle Ravel, le piano à queue et mes pieds nus dansant sur le plancher les yeux fermés. Le deuxième mouvement de la sonate numéro 19. Mon regard lorgnant au dessus de ses épaules et les octaves s'emballer avec ses doigts immenses.
C'était aussi mon inventeur d'énigmes qui aimait Schubert. Je me souviens des premières fois où il l'évoquait, tous les deux dans le garage aménagé en chambre de ma meilleure amie partie au Pérou le matin même. La lumière jaunie par une vieille lampe de chevet, il me disait qu'il s'identifiait parfois au compositeur. Il me le disait avec son air ailleurs, extraterrestre, comme toujours. Il me le disait alors qu'il faisait tourner un disque de Bach en fond sonore, des œuvres pour violoncelle ou contrebasse, je ne sais plus vraiment. On s'était endormis en parlant, l'un contre l'autre. C'est moi qui m'étais réveillé la première. J'avais alors pensé, c'est bien la première fois que je dors aussi confortablement le cou cassé sur le torse de quelqu'un.
Celui-là, c'était un homme né pour s'emboiter parfaitement avec mes songes.
Le corps moulé comme un oreiller aux plumes imaginaires.
Entre autres.
Schubert, c'est également un de ces impromptus présentés en concours. Le dernier notamment. Je suis repartie l'esprit ébahi avec une mention d'honneur et les félicitations du jury. C'était tellement inattendu et gratifiant qu'après ça j'ai arrêté les concours, je crois. Je ne comprenais pas la nécessité d'autant de stress pour un bout de papier, de toute façon.
Aujourd'hui, peut-être, je me sens davantage prête à confronter mon savoir-faire à des individus lambdas ou pas. Parce qu'il y a désormais une intention, une réflexion derrière.
Aujourd'hui, je sais pourquoi je joue.
Et que j'aime jouer.
Schubert, mon premier coup de cœur en cours de technique d'écoute. La jeune fille et la mort en ré mineur, second mouvement d'un quatuor à cordes qui s'installa à jamais en mes esgourdes. Celui là, et la Pavane pour une infante défunte de Ravel quelques mois plus tard. Les années fac. En vue du poids similaire des titres, j'aurais peut-être dû en déduire quelque chose.
Je ne sais rien de Schubert. Je n'ai rien appris de lui, encore moins retenu les leçons.
Je me contente d'écouter la liste entière des résultats de recherche Grooveshark, au hasard des rencontres musicales.
Néanmoins, je finis par reconnaître, les tubes de l'époque.
Cela me parle de plus en plus fort. Viennent toquer en ma poitrine les rengaines majestueuses. Elles m'émeuvent, me transportent. Sans effets spéciaux, ni feux d'artifices. Les yeux grands ouverts, la bouche grande ouverte. Les oreilles. Infiniment respectueuses.
Je suis tellement plus touchée par cette simplicité là.
Parce qu'elle n'est pas pauvre. Mais géniale.
Réduite à l'essence d'une mélodie.
Une mélodie comme celle-là, par exemple :
Cela me donne envie d'en bouffer au petit déjeuner, du Schubert. L'ingérer en entier. En saisir la profondeur, l'étendue, le centre.
Puis une fois digéré, l'esprit repus, m’atteler à la tâche.
Laisser s'échapper les airs de mon être qui ne demande qu'à s'ouvrir.
Ça me rappelle cette salle Ravel, le piano à queue et mes pieds nus dansant sur le plancher les yeux fermés. Le deuxième mouvement de la sonate numéro 19. Mon regard lorgnant au dessus de ses épaules et les octaves s'emballer avec ses doigts immenses.
C'était aussi mon inventeur d'énigmes qui aimait Schubert. Je me souviens des premières fois où il l'évoquait, tous les deux dans le garage aménagé en chambre de ma meilleure amie partie au Pérou le matin même. La lumière jaunie par une vieille lampe de chevet, il me disait qu'il s'identifiait parfois au compositeur. Il me le disait avec son air ailleurs, extraterrestre, comme toujours. Il me le disait alors qu'il faisait tourner un disque de Bach en fond sonore, des œuvres pour violoncelle ou contrebasse, je ne sais plus vraiment. On s'était endormis en parlant, l'un contre l'autre. C'est moi qui m'étais réveillé la première. J'avais alors pensé, c'est bien la première fois que je dors aussi confortablement le cou cassé sur le torse de quelqu'un.
Celui-là, c'était un homme né pour s'emboiter parfaitement avec mes songes.
Le corps moulé comme un oreiller aux plumes imaginaires.
Entre autres.
Schubert, c'est également un de ces impromptus présentés en concours. Le dernier notamment. Je suis repartie l'esprit ébahi avec une mention d'honneur et les félicitations du jury. C'était tellement inattendu et gratifiant qu'après ça j'ai arrêté les concours, je crois. Je ne comprenais pas la nécessité d'autant de stress pour un bout de papier, de toute façon.
Aujourd'hui, peut-être, je me sens davantage prête à confronter mon savoir-faire à des individus lambdas ou pas. Parce qu'il y a désormais une intention, une réflexion derrière.
Aujourd'hui, je sais pourquoi je joue.
Et que j'aime jouer.
Schubert, mon premier coup de cœur en cours de technique d'écoute. La jeune fille et la mort en ré mineur, second mouvement d'un quatuor à cordes qui s'installa à jamais en mes esgourdes. Celui là, et la Pavane pour une infante défunte de Ravel quelques mois plus tard. Les années fac. En vue du poids similaire des titres, j'aurais peut-être dû en déduire quelque chose.
Je ne sais rien de Schubert. Je n'ai rien appris de lui, encore moins retenu les leçons.
Je me contente d'écouter la liste entière des résultats de recherche Grooveshark, au hasard des rencontres musicales.
Néanmoins, je finis par reconnaître, les tubes de l'époque.
Cela me parle de plus en plus fort. Viennent toquer en ma poitrine les rengaines majestueuses. Elles m'émeuvent, me transportent. Sans effets spéciaux, ni feux d'artifices. Les yeux grands ouverts, la bouche grande ouverte. Les oreilles. Infiniment respectueuses.
Je suis tellement plus touchée par cette simplicité là.
Parce qu'elle n'est pas pauvre. Mais géniale.
Réduite à l'essence d'une mélodie.
Une mélodie comme celle-là, par exemple :
Cela me donne envie d'en bouffer au petit déjeuner, du Schubert. L'ingérer en entier. En saisir la profondeur, l'étendue, le centre.
Puis une fois digéré, l'esprit repus, m’atteler à la tâche.
Laisser s'échapper les airs de mon être qui ne demande qu'à s'ouvrir.
vendredi 29 mars 2013
Toi et moi prisonniers dans la cage de Faraday
Quand tu commences à porter le tee-shirt qui m'a servi de pyjama pour conserver mon odeur sur toi toute la journée, c'est qu'il se passe peut-être quelque chose, n'est-ce pas?
Quand tu m'envoies des messages pour me demander : "Hey, tu descends sur ********* ce weekend? Je te jure que si on se voit je le dirai à personne et on pourra toujours faire comme si on ne se voyait pas pendant deux semaines..." c'est que tu te languis, pas vrai?
Alors que ça fait juste trois jours.
Trois pauvres jours que t'es rentré dans ta caravane.
Je pensais que c'était moi qui m'emballais trop vite. Que je te regardais avec des yeux exagérément scintillants pour un mec qui à la base devait rimer à rien et avec rien. Et puis tu m'avais bien remise en place la dernière fois quand tu m'avais demandé si l'éventualité que tu couches avec d'autres filles était encore de rigueur pour moi, car pour toi elle l'était. Je pensais qu'avec toutes nos phrases déballées sur l'oreiller, tu avais compris. Que lorsque je t'avouais que j'étais en train de m'attacher et que j'en avais ma claque de ces relations pour du beurre, tu étais d'accord avec moi, puisque tu étais resté. Qu'il te fallait juste davantage de temps, nos rythmes de prises de conscience ne s'étant pas tout à fait accordés.
J'avais alors poussé un grand c'est dommage ce soir là.
Une résignation face aux cycles communs de la vie. Tu sais, les cruels jeux de suis-moi je te fuis et la parfaite synchronisation des timings ratés du cœur. Au début c'était toi l'emballé, je te plaisais comme pas possible et depuis bien trois ans et t'étais tout content qu'on puisse se rapprocher de quelque manière que ce soit, tu m'avais dit "j'aimerais bien essayer quelque chose avec toi" et je t'avais arrêté net en t'expliquant que nous deux c'était plutôt un accident, que je cherchais à tomber amoureuse et que tu me rappelais trop la situation avec mon garçon des étoiles (c'est à dire homme merveilleux, excellents rapports, mais pas suffisamment attirée pour éprouver plus que de l'infinie tendresse) pour que j'accepte de vivre en un temps si court deux fois la même histoire.
J'ai été franc jeu dès le départ parce que je ne voulais pas que tu te fasses de films, parce que la déception, les désillusions étaient ce que je ne souhaitais t'infliger pour rien au monde, au prix certes de quelques aveux sévères mais pas rudes ni secs, parce que j'ai du respect pour toi dans toute mon affection.
Puis je me suis surprise à te trouver beau.
A aimer ton corps et ton visage, malgré tous ces aspects qui sans me répugner ne me plaisaient pas pour autant. A être troublée pendant plusieurs minutes lorsque tu t'es subitement levé de ta chaise en pleine discussion embrasser mes lèvres au restaurant. Mes poils qui se hérissent dès que tu poses tes baisers sur ma peau, sans exception à la règle. Je me suis surprise à être émue lorsque je captais ton regard. Émue lorsque tu me serrais dans les bras plus fort que d'habitude. Comme si c'était important. Comme si chaque instant passé en ta présence ne devenait pas distrayant, mais mémorable.
J'avoue, j'ai en premier songé "oh oh, c'est embêtant".
Je ne voulais pas que ce soit toi.
Parce qu'au tout début, bien que je t'adorais en tant que personne, tu ne m'attirais pas.
Et que c'est pas bon signe. Et plutôt à l'opposé du coup de foudre.
Mais ça marchait, à mes dépends.
Pas à pas tu grignotais des parcelles de mon cœur, jusqu'à atteindre une autre profondeur d'émotion.
Je me suis dit, même si t'es pas parfait ni même celui que j'attendais, j'ai envie d'essayer moi aussi, parce qu'il se passe quelque chose. Que tu me rends sensible.
Évidemment, t'étais dépourvu en guise de réponse.
Avec tous mes doutes, mes refus précédemment exposés à ta tronche, tu savais plus sur quel pied danser. Et comme je suis quelqu'un qui ressent et réfléchit à plein régime, t'étais perdu par la vitesse à laquelle la roue tournait. La seule chose que tu as pu me concéder, c'est que tu avais peur.
De moi, notamment.
Qu'à force de t'en parler, ça ne t'avait qu'embrouillé l'esprit. Tu avais rajouté quelques barricades à ton fort intérieur pour encaisser le choc frontal de mes réflexions intimes. Je le comprends tout à fait.
Je sais que je n'ai pas été d'une grande aide, dans cette affaire.
Excuse-moi.
Maintenant, prions pour que nos deux temporalités sentimentales se rejoignent.
Que je ne me sois pas lassée de ta prudence lorsque tu auras enfin pris le courage de te jeter à l'eau.
Mettre un terme à ces situations qui se retournent et s'inversent. Inlassablement.
On a beau savoir comment cela fonctionne.
C'est pas la même histoire d'agir en conséquence.
Quand tu m'envoies des messages pour me demander : "Hey, tu descends sur ********* ce weekend? Je te jure que si on se voit je le dirai à personne et on pourra toujours faire comme si on ne se voyait pas pendant deux semaines..." c'est que tu te languis, pas vrai?
Alors que ça fait juste trois jours.
Trois pauvres jours que t'es rentré dans ta caravane.
Je pensais que c'était moi qui m'emballais trop vite. Que je te regardais avec des yeux exagérément scintillants pour un mec qui à la base devait rimer à rien et avec rien. Et puis tu m'avais bien remise en place la dernière fois quand tu m'avais demandé si l'éventualité que tu couches avec d'autres filles était encore de rigueur pour moi, car pour toi elle l'était. Je pensais qu'avec toutes nos phrases déballées sur l'oreiller, tu avais compris. Que lorsque je t'avouais que j'étais en train de m'attacher et que j'en avais ma claque de ces relations pour du beurre, tu étais d'accord avec moi, puisque tu étais resté. Qu'il te fallait juste davantage de temps, nos rythmes de prises de conscience ne s'étant pas tout à fait accordés.
J'avais alors poussé un grand c'est dommage ce soir là.
Une résignation face aux cycles communs de la vie. Tu sais, les cruels jeux de suis-moi je te fuis et la parfaite synchronisation des timings ratés du cœur. Au début c'était toi l'emballé, je te plaisais comme pas possible et depuis bien trois ans et t'étais tout content qu'on puisse se rapprocher de quelque manière que ce soit, tu m'avais dit "j'aimerais bien essayer quelque chose avec toi" et je t'avais arrêté net en t'expliquant que nous deux c'était plutôt un accident, que je cherchais à tomber amoureuse et que tu me rappelais trop la situation avec mon garçon des étoiles (c'est à dire homme merveilleux, excellents rapports, mais pas suffisamment attirée pour éprouver plus que de l'infinie tendresse) pour que j'accepte de vivre en un temps si court deux fois la même histoire.
J'ai été franc jeu dès le départ parce que je ne voulais pas que tu te fasses de films, parce que la déception, les désillusions étaient ce que je ne souhaitais t'infliger pour rien au monde, au prix certes de quelques aveux sévères mais pas rudes ni secs, parce que j'ai du respect pour toi dans toute mon affection.
Puis je me suis surprise à te trouver beau.
A aimer ton corps et ton visage, malgré tous ces aspects qui sans me répugner ne me plaisaient pas pour autant. A être troublée pendant plusieurs minutes lorsque tu t'es subitement levé de ta chaise en pleine discussion embrasser mes lèvres au restaurant. Mes poils qui se hérissent dès que tu poses tes baisers sur ma peau, sans exception à la règle. Je me suis surprise à être émue lorsque je captais ton regard. Émue lorsque tu me serrais dans les bras plus fort que d'habitude. Comme si c'était important. Comme si chaque instant passé en ta présence ne devenait pas distrayant, mais mémorable.
J'avoue, j'ai en premier songé "oh oh, c'est embêtant".
Je ne voulais pas que ce soit toi.
Parce qu'au tout début, bien que je t'adorais en tant que personne, tu ne m'attirais pas.
Et que c'est pas bon signe. Et plutôt à l'opposé du coup de foudre.
Mais ça marchait, à mes dépends.
Pas à pas tu grignotais des parcelles de mon cœur, jusqu'à atteindre une autre profondeur d'émotion.
Je me suis dit, même si t'es pas parfait ni même celui que j'attendais, j'ai envie d'essayer moi aussi, parce qu'il se passe quelque chose. Que tu me rends sensible.
Évidemment, t'étais dépourvu en guise de réponse.
Avec tous mes doutes, mes refus précédemment exposés à ta tronche, tu savais plus sur quel pied danser. Et comme je suis quelqu'un qui ressent et réfléchit à plein régime, t'étais perdu par la vitesse à laquelle la roue tournait. La seule chose que tu as pu me concéder, c'est que tu avais peur.
De moi, notamment.
Qu'à force de t'en parler, ça ne t'avait qu'embrouillé l'esprit. Tu avais rajouté quelques barricades à ton fort intérieur pour encaisser le choc frontal de mes réflexions intimes. Je le comprends tout à fait.
Je sais que je n'ai pas été d'une grande aide, dans cette affaire.
Excuse-moi.
Maintenant, prions pour que nos deux temporalités sentimentales se rejoignent.
Que je ne me sois pas lassée de ta prudence lorsque tu auras enfin pris le courage de te jeter à l'eau.
Mettre un terme à ces situations qui se retournent et s'inversent. Inlassablement.
On a beau savoir comment cela fonctionne.
C'est pas la même histoire d'agir en conséquence.
samedi 23 mars 2013
Pourquoi pas
-"Désolé de te harceler mais c'est que tu commences à un peu me manquer..."
Il était tout doux ce dernier coup de fil. Je ne sais pas si je l'ai déjà entendu me dire que je lui manquais avant ce soir. C'est peut-être à cause de notre conversation sur l'oreiller de mercredi. Où j'ai pu lui confesser que mon excitation ne venait pas d'une envie globale et impersonnelle. Que j'avais pas envie de faire l'amour, mais de lui faire l'amour. Que c'était lui, l'instigateur de mes pulsions sauvages et passionnelles, que c'était le regarder, le sentir, le toucher, le savoir près de moi qui me mettait en émoi et que s'il n'était pas là, il n'y aurait pas à le remplacer. Parce que ce n'était pas un besoin qui venait de moi, mais bien lui qui le provoquait.
Ça l'a fait bander direct. J'ai trouvé ça tellement mignon. Qu'une déclaration en somme assez sentimentale le rende tout chose et l'emplisse de désir.
Cela prouve que le sexe est encore relié au cœur, malgré tout.
Alors je sais qu'il a peur de s'ouvrir. Surtout en face d'une fille qui ne craint pas de lui confier tous ses questionnements et doutes. Qu'il sache d'une manière si précise mes incertitudes ne doit pas franchement le rassurer. Et je ne suis pas en mesure de lui promettre quoi que ce soit. Le réconforter, lui dire que c'est le bon. Mais...
Je commence à envisager un covoiturage sur le trajet d'une existence commune. Peut-être. Pourquoi pas. On n'a pas le même âge, on n'en est pas au même point de notre vie, on n'en a pas les mêmes attentes alors oui c'est à première vue, pas forcément ce que j'aurais choisi à la base. Il voudrait prochainement un enfant alors que je n'ai pas encore trouvé ma propre stabilité intérieure. Il boit, il fume et se drogue occasionnellement alors que j'accorde une grande importance au corps sain pour avoir l'esprit qui suit et que mes expériences amoureuses passées avec l'alcool et la drogue ne m'ont pas laissée de marbre. Et la spiritualité, bien qu'il soit ouvert et indulgent vis à vis des idéologies d'autrui, il trempe pas du tout là dedans alors que c'est mon moteur, ce qui m'anime. Je m'étais dit, pour avoir vécu des situations assez extrêmes, que la prochaine fois je ferais attention à ce qui dès le départ ne correspondrait pas à mes valeurs, mes projets, mon mode de vie. Cela parait pourtant essentiel si on pense un temps soit peu sur une durée. Mais ce gars est tellement chouette. Et même pas une erreur de casting. Il a le coeur éblouissant, la générosité exemplaire. C'est si beau de savoir donner de la sorte. Que même lorsqu'il m'affirme qu'il a peur de s'ouvrir et qu'il met un tas de barrières j'ai du mal à croire à ce que j'entends en vue de ce qu'il m'offre déjà. Un être d'un amour absolu.
Tiens, c'est peut-être ce qui nous rapproche.
Il était tout doux ce dernier coup de fil. Je ne sais pas si je l'ai déjà entendu me dire que je lui manquais avant ce soir. C'est peut-être à cause de notre conversation sur l'oreiller de mercredi. Où j'ai pu lui confesser que mon excitation ne venait pas d'une envie globale et impersonnelle. Que j'avais pas envie de faire l'amour, mais de lui faire l'amour. Que c'était lui, l'instigateur de mes pulsions sauvages et passionnelles, que c'était le regarder, le sentir, le toucher, le savoir près de moi qui me mettait en émoi et que s'il n'était pas là, il n'y aurait pas à le remplacer. Parce que ce n'était pas un besoin qui venait de moi, mais bien lui qui le provoquait.
Ça l'a fait bander direct. J'ai trouvé ça tellement mignon. Qu'une déclaration en somme assez sentimentale le rende tout chose et l'emplisse de désir.
Cela prouve que le sexe est encore relié au cœur, malgré tout.
Alors je sais qu'il a peur de s'ouvrir. Surtout en face d'une fille qui ne craint pas de lui confier tous ses questionnements et doutes. Qu'il sache d'une manière si précise mes incertitudes ne doit pas franchement le rassurer. Et je ne suis pas en mesure de lui promettre quoi que ce soit. Le réconforter, lui dire que c'est le bon. Mais...
Je commence à envisager un covoiturage sur le trajet d'une existence commune. Peut-être. Pourquoi pas. On n'a pas le même âge, on n'en est pas au même point de notre vie, on n'en a pas les mêmes attentes alors oui c'est à première vue, pas forcément ce que j'aurais choisi à la base. Il voudrait prochainement un enfant alors que je n'ai pas encore trouvé ma propre stabilité intérieure. Il boit, il fume et se drogue occasionnellement alors que j'accorde une grande importance au corps sain pour avoir l'esprit qui suit et que mes expériences amoureuses passées avec l'alcool et la drogue ne m'ont pas laissée de marbre. Et la spiritualité, bien qu'il soit ouvert et indulgent vis à vis des idéologies d'autrui, il trempe pas du tout là dedans alors que c'est mon moteur, ce qui m'anime. Je m'étais dit, pour avoir vécu des situations assez extrêmes, que la prochaine fois je ferais attention à ce qui dès le départ ne correspondrait pas à mes valeurs, mes projets, mon mode de vie. Cela parait pourtant essentiel si on pense un temps soit peu sur une durée. Mais ce gars est tellement chouette. Et même pas une erreur de casting. Il a le coeur éblouissant, la générosité exemplaire. C'est si beau de savoir donner de la sorte. Que même lorsqu'il m'affirme qu'il a peur de s'ouvrir et qu'il met un tas de barrières j'ai du mal à croire à ce que j'entends en vue de ce qu'il m'offre déjà. Un être d'un amour absolu.
Tiens, c'est peut-être ce qui nous rapproche.
jeudi 21 mars 2013
Confessions intimes
"Je crois que je viens de passer environ onze heures assise sur le trône..."
Message suffisamment personnel pour être envoyé au mauvais destinataire, bien évidemment.
Message suffisamment personnel pour être envoyé au mauvais destinataire, bien évidemment.
lundi 18 mars 2013
Ame sensible
Kidnapping immédiat dans le couloir d'entrée:
-"Tu es Anne, n'est-ce pas? Sa copine! On a beaucoup entendu parler de toi!"
Déjà, première nouvelle.
Je suis sa copine.
Apparemment.
Des bruits de couloir.
Ils sont tous plus âgés. Déguisés, et bourrés.
Ils ont leurs mômes qui dorment à l'étage.
Ils m'assurent tous que ce type là, ils le chérissent.
Même si je le leur ai pas demandé.
Ils nous regardent nous embrasser avec des sourires béats. Ils ont des perruques, des fleurs dans les cheveux et des "zob" au marqueur noir sur le front. Bonjour le public. Ils m'amènent tout content près de leur piano intégralement désaccordé, où le ré sonne plus haut que le ré dièse. Ils font des câlins collectifs, qui se transforment en catch collectif, qui se transforme en bataille de chantilly collective. Mais j'étais déjà sortie du local lorsque je croise le voisin à trois heures et demi du matin qui en plein raffut incroyable au lieu de se plaindre du bruit m'invite à boire un ti-punch chez lui.
Je vois mon saltimbanque de jongleur tituber pour la première fois.
Je le vois beau et mon cœur vaciller à m'en faire perdre l'équilibre, moi qui ne bois pas.
Je nous vois danser sans musique. Mal.
Mais heureux.
Et ses yeux qui brillent. Ma main qui serre son bras. Les concours débiles de celui qui tient sa jambe le plus tendu, le pied posé sur les poteaux des trottoirs. Ces tentatives pas furtives de se faire l'amour dans la rue, sans cesse interrompues par la ville animée du samedi soir. Et ça fait rire les gens.
Et même qu'on se marre bien aussi.
Puis.
Les discussions sous la pluie le vent le froid des abcès que l'on se devait de percer pour. Rien. Pour du beurre, parce que ça ne résout pas les situations, ça ne fait que les rendre plus intelligibles. Malgré tout, on se sent davantage perdu lorsqu'on a déballé son balluchon à conneries sentimentales et autres doutes affreusement inutiles et existentiels. Et maintenant?
Et maintenant.
Maintenant j'ai les bras qui s'ouvrent. L'émotion qui m'emplit lorsqu'ils se referment sur toi. Le regard attiré par ta chair, la bouche par ta peau tendre, et le temps qui s'oublie lorsque c'est le matin et que ton visage dors entre mes doigts. Je ne discerne plus tes dents sales et tordues. Je ne vois que ton sourire. Ça me fait l'effet d'un coup de soleil sur le cœur, sauf que j'ai jeté la crème protectrice. Parce que je veux pas prévenir plutôt que guérir. Parce que je veux brûler. D'une chaleur douce. D'un amour sincère.
Je m'éprends, t'entends?
Et parce que c'est de toi, c'est peut-être un cadeau.
-"Tu es Anne, n'est-ce pas? Sa copine! On a beaucoup entendu parler de toi!"
Déjà, première nouvelle.
Je suis sa copine.
Apparemment.
Des bruits de couloir.
Ils sont tous plus âgés. Déguisés, et bourrés.
Ils ont leurs mômes qui dorment à l'étage.
Ils m'assurent tous que ce type là, ils le chérissent.
Même si je le leur ai pas demandé.
Ils nous regardent nous embrasser avec des sourires béats. Ils ont des perruques, des fleurs dans les cheveux et des "zob" au marqueur noir sur le front. Bonjour le public. Ils m'amènent tout content près de leur piano intégralement désaccordé, où le ré sonne plus haut que le ré dièse. Ils font des câlins collectifs, qui se transforment en catch collectif, qui se transforme en bataille de chantilly collective. Mais j'étais déjà sortie du local lorsque je croise le voisin à trois heures et demi du matin qui en plein raffut incroyable au lieu de se plaindre du bruit m'invite à boire un ti-punch chez lui.
Je vois mon saltimbanque de jongleur tituber pour la première fois.
Je le vois beau et mon cœur vaciller à m'en faire perdre l'équilibre, moi qui ne bois pas.
Je nous vois danser sans musique. Mal.
Mais heureux.
Et ses yeux qui brillent. Ma main qui serre son bras. Les concours débiles de celui qui tient sa jambe le plus tendu, le pied posé sur les poteaux des trottoirs. Ces tentatives pas furtives de se faire l'amour dans la rue, sans cesse interrompues par la ville animée du samedi soir. Et ça fait rire les gens.
Et même qu'on se marre bien aussi.
Puis.
Les discussions sous la pluie le vent le froid des abcès que l'on se devait de percer pour. Rien. Pour du beurre, parce que ça ne résout pas les situations, ça ne fait que les rendre plus intelligibles. Malgré tout, on se sent davantage perdu lorsqu'on a déballé son balluchon à conneries sentimentales et autres doutes affreusement inutiles et existentiels. Et maintenant?
Et maintenant.
Maintenant j'ai les bras qui s'ouvrent. L'émotion qui m'emplit lorsqu'ils se referment sur toi. Le regard attiré par ta chair, la bouche par ta peau tendre, et le temps qui s'oublie lorsque c'est le matin et que ton visage dors entre mes doigts. Je ne discerne plus tes dents sales et tordues. Je ne vois que ton sourire. Ça me fait l'effet d'un coup de soleil sur le cœur, sauf que j'ai jeté la crème protectrice. Parce que je veux pas prévenir plutôt que guérir. Parce que je veux brûler. D'une chaleur douce. D'un amour sincère.
Je m'éprends, t'entends?
Et parce que c'est de toi, c'est peut-être un cadeau.
jeudi 14 mars 2013
Je veux trembler
Dans mes rêves de cette nuit, j'entendais les premières notes de la contrebasse alors que je m’apprêtais à quitter pour de bon cette maison, puis le son d'une guitare électrique voluptueuse avant de reconnaître que le morceau joué par mon idole de chanteur juste là en face, c'était le mien. Comme une demande de pardon, reprendre mon refrain, à sa manière. Je trouvais son arrangement classieux et sensuel, envoûtant, complètement neuf. J'étais subjuguée. Émue par son geste, sa preuve de reconnaissance. Lui qui me disait en songe qu'il aurait aimé retrouver la fille drôle et spontanée des premières rencontres, celle qui l'avait vraiment perturbé, celle dont il était tombé amoureux.
Je fus sortie du sommeil par la sonnerie du réveil de mon jongleur saltimbanque, endormis tous deux dans la vieille chambre d'enfant de chez mes parents parce que la veille il avait oublié les clefs de notre logement d’appoint nommé. Moi qui ne voulais le présenter à personne.
Je l'avais prévenu, que j'allais m'attacher.
Entre deux croissants un beau matin de février en terrasse hivernale, je lui avais dit que même si physiquement il ne m'attirait pas plus que ça et que je voyais mal comment je pourrais réellement être habitée par la passion un jour, je finirais tôt ou tard par m'attacher.
M'attacher aux instants chaleureux.
A son être, fondamentalement bon et généreux.
Que je craignais de m'enticher d'un nous, alors que mon émoi pour lui n'avait pas les bases nécessaires pour grandir et s'épanouir.
Et dans son intelligence emplie de bon sens, il a compris.
C'est ce que j'adore chez lui. Qu'il tienne véritablement compte de mes propos. Sans les interpréter selon ses envies du moment. Qu'il entende, de ses deux oreilles bien ouvertes, ce que j'ai à lui offrir. Et ce que je ne peux lui donner.
Qu'il comprenne. Oui.
J'en arrive certainement à un point où ça me barbe de survoler les histoires.
Où le sexe, sans l'émotion d'une communion intense, m'ennuie profondément.
Je veux tomber amoureuse.
Je veux la transe d'une connexion magique entre deux regards, deux esprits et deux peaux.
Et pas de compromis.
Je veux trembler. Je veux pleurer. De joie. Je veux me fondre et n'être qu'une flaque de sentiments reluisants où tout est à refaire. En ressentis, passer la seconde. Toucher à des sphères impalpables, pures et brutes. Je veux me sentir vivante, humaine par excellence. Je veux pouvoir le sentir à travers l'amour qui lie deux êtres. Le genre de truc qui germe en moi depuis quelques temps et qui bientôt, ne pourra plus se taire.
C'est ce que j'ai tenté d'exprimer à mon jongleur saltimbanque hier soir.
Je fus sortie du sommeil par la sonnerie du réveil de mon jongleur saltimbanque, endormis tous deux dans la vieille chambre d'enfant de chez mes parents parce que la veille il avait oublié les clefs de notre logement d’appoint nommé. Moi qui ne voulais le présenter à personne.
Je l'avais prévenu, que j'allais m'attacher.
Entre deux croissants un beau matin de février en terrasse hivernale, je lui avais dit que même si physiquement il ne m'attirait pas plus que ça et que je voyais mal comment je pourrais réellement être habitée par la passion un jour, je finirais tôt ou tard par m'attacher.
M'attacher aux instants chaleureux.
A son être, fondamentalement bon et généreux.
Que je craignais de m'enticher d'un nous, alors que mon émoi pour lui n'avait pas les bases nécessaires pour grandir et s'épanouir.
Et dans son intelligence emplie de bon sens, il a compris.
C'est ce que j'adore chez lui. Qu'il tienne véritablement compte de mes propos. Sans les interpréter selon ses envies du moment. Qu'il entende, de ses deux oreilles bien ouvertes, ce que j'ai à lui offrir. Et ce que je ne peux lui donner.
Qu'il comprenne. Oui.
J'en arrive certainement à un point où ça me barbe de survoler les histoires.
Où le sexe, sans l'émotion d'une communion intense, m'ennuie profondément.
Je veux tomber amoureuse.
Je veux la transe d'une connexion magique entre deux regards, deux esprits et deux peaux.
Et pas de compromis.
Je veux trembler. Je veux pleurer. De joie. Je veux me fondre et n'être qu'une flaque de sentiments reluisants où tout est à refaire. En ressentis, passer la seconde. Toucher à des sphères impalpables, pures et brutes. Je veux me sentir vivante, humaine par excellence. Je veux pouvoir le sentir à travers l'amour qui lie deux êtres. Le genre de truc qui germe en moi depuis quelques temps et qui bientôt, ne pourra plus se taire.
C'est ce que j'ai tenté d'exprimer à mon jongleur saltimbanque hier soir.
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