Kidnapping immédiat dans le couloir d'entrée:
-"Tu es Anne, n'est-ce pas? Sa copine! On a beaucoup entendu parler de toi!"
Déjà, première nouvelle.
Je suis sa copine.
Apparemment.
Des bruits de couloir.
Ils sont tous plus âgés. Déguisés, et bourrés.
Ils ont leurs mômes qui dorment à l'étage.
Ils m'assurent tous que ce type là, ils le chérissent.
Même si je le leur ai pas demandé.
Ils nous regardent nous embrasser avec des sourires béats. Ils ont des perruques, des fleurs dans les cheveux et des "zob" au marqueur noir sur le front. Bonjour le public. Ils m'amènent tout content près de leur piano intégralement désaccordé, où le ré sonne plus haut que le ré dièse. Ils font des câlins collectifs, qui se transforment en catch collectif, qui se transforme en bataille de chantilly collective. Mais j'étais déjà sortie du local lorsque je croise le voisin à trois heures et demi du matin qui en plein raffut incroyable au lieu de se plaindre du bruit m'invite à boire un ti-punch chez lui.
Je vois mon saltimbanque de jongleur tituber pour la première fois.
Je le vois beau et mon cœur vaciller à m'en faire perdre l'équilibre, moi qui ne bois pas.
Je nous vois danser sans musique. Mal.
Mais heureux.
Et ses yeux qui brillent. Ma main qui serre son bras. Les concours débiles de celui qui tient sa jambe le plus tendu, le pied posé sur les poteaux des trottoirs. Ces tentatives pas furtives de se faire l'amour dans la rue, sans cesse interrompues par la ville animée du samedi soir. Et ça fait rire les gens.
Et même qu'on se marre bien aussi.
Puis.
Les discussions sous la pluie le vent le froid des abcès que l'on se devait de percer pour. Rien. Pour du beurre, parce que ça ne résout pas les situations, ça ne fait que les rendre plus intelligibles. Malgré tout, on se sent davantage perdu lorsqu'on a déballé son balluchon à conneries sentimentales et autres doutes affreusement inutiles et existentiels. Et maintenant?
Et maintenant.
Maintenant j'ai les bras qui s'ouvrent. L'émotion qui m'emplit lorsqu'ils se referment sur toi. Le regard attiré par ta chair, la bouche par ta peau tendre, et le temps qui s'oublie lorsque c'est le matin et que ton visage dors entre mes doigts. Je ne discerne plus tes dents sales et tordues. Je ne vois que ton sourire. Ça me fait l'effet d'un coup de soleil sur le cœur, sauf que j'ai jeté la crème protectrice. Parce que je veux pas prévenir plutôt que guérir. Parce que je veux brûler. D'une chaleur douce. D'un amour sincère.
Je m'éprends, t'entends?
Et parce que c'est de toi, c'est peut-être un cadeau.
"Tu sais ce que les gens faisaient autrefois, lorsqu'ils avaient des secrets qu'ils ne voulaient pas partager? Ils gravissaient une montagne, trouvaient un arbre, y taillaient un trou, et y murmuraient leur secret. Ils le couvraient ensuite de boue. De cette façon, personne d'autre ne le découvrait jamais." 2046, Wong Kar Wai
lundi 18 mars 2013
jeudi 14 mars 2013
Je veux trembler
Dans mes rêves de cette nuit, j'entendais les premières notes de la contrebasse alors que je m’apprêtais à quitter pour de bon cette maison, puis le son d'une guitare électrique voluptueuse avant de reconnaître que le morceau joué par mon idole de chanteur juste là en face, c'était le mien. Comme une demande de pardon, reprendre mon refrain, à sa manière. Je trouvais son arrangement classieux et sensuel, envoûtant, complètement neuf. J'étais subjuguée. Émue par son geste, sa preuve de reconnaissance. Lui qui me disait en songe qu'il aurait aimé retrouver la fille drôle et spontanée des premières rencontres, celle qui l'avait vraiment perturbé, celle dont il était tombé amoureux.
Je fus sortie du sommeil par la sonnerie du réveil de mon jongleur saltimbanque, endormis tous deux dans la vieille chambre d'enfant de chez mes parents parce que la veille il avait oublié les clefs de notre logement d’appoint nommé. Moi qui ne voulais le présenter à personne.
Je l'avais prévenu, que j'allais m'attacher.
Entre deux croissants un beau matin de février en terrasse hivernale, je lui avais dit que même si physiquement il ne m'attirait pas plus que ça et que je voyais mal comment je pourrais réellement être habitée par la passion un jour, je finirais tôt ou tard par m'attacher.
M'attacher aux instants chaleureux.
A son être, fondamentalement bon et généreux.
Que je craignais de m'enticher d'un nous, alors que mon émoi pour lui n'avait pas les bases nécessaires pour grandir et s'épanouir.
Et dans son intelligence emplie de bon sens, il a compris.
C'est ce que j'adore chez lui. Qu'il tienne véritablement compte de mes propos. Sans les interpréter selon ses envies du moment. Qu'il entende, de ses deux oreilles bien ouvertes, ce que j'ai à lui offrir. Et ce que je ne peux lui donner.
Qu'il comprenne. Oui.
J'en arrive certainement à un point où ça me barbe de survoler les histoires.
Où le sexe, sans l'émotion d'une communion intense, m'ennuie profondément.
Je veux tomber amoureuse.
Je veux la transe d'une connexion magique entre deux regards, deux esprits et deux peaux.
Et pas de compromis.
Je veux trembler. Je veux pleurer. De joie. Je veux me fondre et n'être qu'une flaque de sentiments reluisants où tout est à refaire. En ressentis, passer la seconde. Toucher à des sphères impalpables, pures et brutes. Je veux me sentir vivante, humaine par excellence. Je veux pouvoir le sentir à travers l'amour qui lie deux êtres. Le genre de truc qui germe en moi depuis quelques temps et qui bientôt, ne pourra plus se taire.
C'est ce que j'ai tenté d'exprimer à mon jongleur saltimbanque hier soir.
Je fus sortie du sommeil par la sonnerie du réveil de mon jongleur saltimbanque, endormis tous deux dans la vieille chambre d'enfant de chez mes parents parce que la veille il avait oublié les clefs de notre logement d’appoint nommé. Moi qui ne voulais le présenter à personne.
Je l'avais prévenu, que j'allais m'attacher.
Entre deux croissants un beau matin de février en terrasse hivernale, je lui avais dit que même si physiquement il ne m'attirait pas plus que ça et que je voyais mal comment je pourrais réellement être habitée par la passion un jour, je finirais tôt ou tard par m'attacher.
M'attacher aux instants chaleureux.
A son être, fondamentalement bon et généreux.
Que je craignais de m'enticher d'un nous, alors que mon émoi pour lui n'avait pas les bases nécessaires pour grandir et s'épanouir.
Et dans son intelligence emplie de bon sens, il a compris.
C'est ce que j'adore chez lui. Qu'il tienne véritablement compte de mes propos. Sans les interpréter selon ses envies du moment. Qu'il entende, de ses deux oreilles bien ouvertes, ce que j'ai à lui offrir. Et ce que je ne peux lui donner.
Qu'il comprenne. Oui.
J'en arrive certainement à un point où ça me barbe de survoler les histoires.
Où le sexe, sans l'émotion d'une communion intense, m'ennuie profondément.
Je veux tomber amoureuse.
Je veux la transe d'une connexion magique entre deux regards, deux esprits et deux peaux.
Et pas de compromis.
Je veux trembler. Je veux pleurer. De joie. Je veux me fondre et n'être qu'une flaque de sentiments reluisants où tout est à refaire. En ressentis, passer la seconde. Toucher à des sphères impalpables, pures et brutes. Je veux me sentir vivante, humaine par excellence. Je veux pouvoir le sentir à travers l'amour qui lie deux êtres. Le genre de truc qui germe en moi depuis quelques temps et qui bientôt, ne pourra plus se taire.
C'est ce que j'ai tenté d'exprimer à mon jongleur saltimbanque hier soir.
dimanche 10 mars 2013
Rien, comme d'habitude
J'ai pas eu le temps de finir ma phrase. J'étais en train de planter le décor, de lui confier "si entre la première et la seconde fois, il y a eu plus d'un an au milieu, c'est parce que c'était volontaire, c'était pour fuir les amalgames" fuir l'attirance qui me détournait complètement des buts fixés et des intentions d'origine, c'était à chaque entrevue se mordre les lèvres pour ne pas aller à sa rencontre et tracer mon chemin me rappeler les priorités me taper la règle sur les mains. Ne pas. Flirter. M'éprendre. Parce que. Dans cet endroit particulier, je n'étais pas là pour ça.
Il m'a coupée en plein teaser acquiescer à mon intrigue rajouter "voilà, les amalgames je suis d'accord, et heureux que l'on voie les choses d'un même œil". Puis il a renchéri sur des milliers d'autres sujets très intéressants et moi j'avais l'air con avec mon cœur sur la main prête à le lui donner. Si j'avais pu continuer ma supplique, j'aurais pu lui avouer que le nœud du problème il était là, dans la suite de nos échanges et leur proximité dans le temps m'empêchant, avec toute ma bonne volonté, de balayer ces amalgames là. Faisant bouillir mon sang froid et fondre la distance qui sépare l'espoir de la réalité. Que j'y arrivais pas, à rester objective, concentrée sur le travail spirituel que l'on était en train de mettre en commun. Que j'avais trop de choses qu'il remuait en moi pour ne pas être touchée, émue par l'homme. Pour ne pas avoir envie d'être auprès de lui, d'être celle qui l'écoute et le soutien, l'épaule en silence la journée parce que le soir on se serait rejoint, on aurait fait du bruit, du bruit et des voyages, on serait partis loin, ailleurs, le meilleur des refuges. Que j'avais tous ces élans que je ne parvenais plus à retenir et qu'il fallait peut-être qu'on arrête d'être si proches pour un temps, avant que je ne me dissolve complètement sous sa chaleur humaine.
J'étais prête à lui dire tout ça sur le retour dans la voiture, mais il a rembarré mon courage malgré lui.
Peut-être l'a-t-il fait exprès.
Peut-être savait-il.
Il sait en déjà tellement.
Ce n'est pas la première fois que j'essaie de lui expliquer, à ce gentil sorcier, le feu qui m'anime.
J'ai l'impression qu'il ne veut pas l'entendre.
Ça ne changerait pourtant rien à nos gestes et au pire, ça me permettrait de rapidement tourner la page.
Que faire.
Rien, comme d'habitude?
Il m'a coupée en plein teaser acquiescer à mon intrigue rajouter "voilà, les amalgames je suis d'accord, et heureux que l'on voie les choses d'un même œil". Puis il a renchéri sur des milliers d'autres sujets très intéressants et moi j'avais l'air con avec mon cœur sur la main prête à le lui donner. Si j'avais pu continuer ma supplique, j'aurais pu lui avouer que le nœud du problème il était là, dans la suite de nos échanges et leur proximité dans le temps m'empêchant, avec toute ma bonne volonté, de balayer ces amalgames là. Faisant bouillir mon sang froid et fondre la distance qui sépare l'espoir de la réalité. Que j'y arrivais pas, à rester objective, concentrée sur le travail spirituel que l'on était en train de mettre en commun. Que j'avais trop de choses qu'il remuait en moi pour ne pas être touchée, émue par l'homme. Pour ne pas avoir envie d'être auprès de lui, d'être celle qui l'écoute et le soutien, l'épaule en silence la journée parce que le soir on se serait rejoint, on aurait fait du bruit, du bruit et des voyages, on serait partis loin, ailleurs, le meilleur des refuges. Que j'avais tous ces élans que je ne parvenais plus à retenir et qu'il fallait peut-être qu'on arrête d'être si proches pour un temps, avant que je ne me dissolve complètement sous sa chaleur humaine.
J'étais prête à lui dire tout ça sur le retour dans la voiture, mais il a rembarré mon courage malgré lui.
Peut-être l'a-t-il fait exprès.
Peut-être savait-il.
Il sait en déjà tellement.
Ce n'est pas la première fois que j'essaie de lui expliquer, à ce gentil sorcier, le feu qui m'anime.
J'ai l'impression qu'il ne veut pas l'entendre.
Ça ne changerait pourtant rien à nos gestes et au pire, ça me permettrait de rapidement tourner la page.
Que faire.
Rien, comme d'habitude?
vendredi 8 mars 2013
Pute du sentiment
L'idole de chanteur est parti deux semaines dans un pays du Sud. La dernière fois que l'on s'est croisés dans cette ville du Nord je ne lui ai même pas adressé la parole. Juste retour des choses, il n'est pas venu me dire bonjour non plus. Nous sommes ainsi restés inexistants l'un pour l'autre à tel point que je me dis que Google c'est aussi bien pour prendre de ses nouvelles.
Mon garçon des étoiles est resté en Australie, malgré mes rêves qui m'affirment sans arrêt le contraire et je commence à ressentir la défaillance dans mon système immunitaire, les larmes s'entasser au bord des yeux, les sanglots dans la gorge. Comme un vieux chat qui attend qu'on le recrache. Trois mois depuis son départ et mon absence dans l'avion sur le siège d'à côté. J'avais pas trop souffert. Aujourd'hui à peine, moi qui pensais cette histoire terminée, je tends à éprouver les effets de la descente. C'est franchement pas le moment mais, comme ça ne l'a jamais été...
Le gentil sorcier est toujours aussi gentil et toujours aussi sorcier. Ses entrevues sont rares mais intenses et tellement désintéressées que ça me laisse à chaque fois un air à la con sur le visage et les contorsions du cœur qui peine à ne pas s'ébattre pour ce genre de personne trop prise et trop ailleurs. Et en même temps, tellement là.
Mon danseur manouche ami invétéré m'envoie des petites phrases touchantes sur ces chansons lui étant adressées. Après cette nuit interminable à nous être envoyés en l'air dans le sens propre du terme sur cette scène improvisée et sur ces vieux sons funk groove hip hop de notre adolescence, j'ai eu du mal à réfréner mon envie de lui faire l'amour comme au premier jour. Mais bon, c'est une question d'habitude.
Et le saltimbanque caravanier à ses heures joueur de contrée avec qui je partage mon lit depuis un mois et demi. Entre nous ça a commencé comme une blague. Une blague sans chute. Et puis ça dure. Parce qu'il est merveilleux. Que nos atomes crochus se sont soudés comme les doigts d'une main. Et que ça ne mène à rien. Pile poil ce qu'il nous fallait.
Alors il y a trois jours je reçois un texto d'un numéro inconnu stipulant :
"J-ai jamais eu l'occasion de t l dire mais té vraiment qu'une pute :)"
Oui, avec le smiley qui sourit.
C'est peut-être ça au fond. Peut-être que je suis qu'une pute.
Une pute du sentiment. Une fille au cœur facile.
Parce que.
Je ne peux pas m'empêcher de tous les aimer.
A ma manière.
De tous les vouloir.
Vouloir qu'ils soient le seul.
L'unique.
Vouloir qu'ils ne fassent qu'un.
Qu'ils se divisent.
Pour m'éprendre d'un émoi si différentiable.
Je me dis à chaque fois, s'ils sont si nombreux à cohabiter en ma poitrine, s'ils se battent le battement le plus intense et se concurrencent le poil qui se hérisse, c'est que ce n'est pas ça. C'est qu'il n'y a pas de Lui. Seulement des eux.
Mais je devrais savoir depuis le temps, qu'il n'existe pas non plus de règles de ce genre.
Alors, advienne que pourra.
J'espère néanmoins qu'ils ne m'en voudront pas de les aimer aussi fort, eux, au point de m'envoyer des textos anonymes de haine et ne laisser en guise de réponse qu'un numéro non attribué.
Mon garçon des étoiles est resté en Australie, malgré mes rêves qui m'affirment sans arrêt le contraire et je commence à ressentir la défaillance dans mon système immunitaire, les larmes s'entasser au bord des yeux, les sanglots dans la gorge. Comme un vieux chat qui attend qu'on le recrache. Trois mois depuis son départ et mon absence dans l'avion sur le siège d'à côté. J'avais pas trop souffert. Aujourd'hui à peine, moi qui pensais cette histoire terminée, je tends à éprouver les effets de la descente. C'est franchement pas le moment mais, comme ça ne l'a jamais été...
Le gentil sorcier est toujours aussi gentil et toujours aussi sorcier. Ses entrevues sont rares mais intenses et tellement désintéressées que ça me laisse à chaque fois un air à la con sur le visage et les contorsions du cœur qui peine à ne pas s'ébattre pour ce genre de personne trop prise et trop ailleurs. Et en même temps, tellement là.
Mon danseur manouche ami invétéré m'envoie des petites phrases touchantes sur ces chansons lui étant adressées. Après cette nuit interminable à nous être envoyés en l'air dans le sens propre du terme sur cette scène improvisée et sur ces vieux sons funk groove hip hop de notre adolescence, j'ai eu du mal à réfréner mon envie de lui faire l'amour comme au premier jour. Mais bon, c'est une question d'habitude.
Et le saltimbanque caravanier à ses heures joueur de contrée avec qui je partage mon lit depuis un mois et demi. Entre nous ça a commencé comme une blague. Une blague sans chute. Et puis ça dure. Parce qu'il est merveilleux. Que nos atomes crochus se sont soudés comme les doigts d'une main. Et que ça ne mène à rien. Pile poil ce qu'il nous fallait.
Alors il y a trois jours je reçois un texto d'un numéro inconnu stipulant :
"J-ai jamais eu l'occasion de t l dire mais té vraiment qu'une pute :)"
Oui, avec le smiley qui sourit.
C'est peut-être ça au fond. Peut-être que je suis qu'une pute.
Une pute du sentiment. Une fille au cœur facile.
Parce que.
Je ne peux pas m'empêcher de tous les aimer.
A ma manière.
De tous les vouloir.
Vouloir qu'ils soient le seul.
L'unique.
Vouloir qu'ils ne fassent qu'un.
Qu'ils se divisent.
Pour m'éprendre d'un émoi si différentiable.
Je me dis à chaque fois, s'ils sont si nombreux à cohabiter en ma poitrine, s'ils se battent le battement le plus intense et se concurrencent le poil qui se hérisse, c'est que ce n'est pas ça. C'est qu'il n'y a pas de Lui. Seulement des eux.
Mais je devrais savoir depuis le temps, qu'il n'existe pas non plus de règles de ce genre.
Alors, advienne que pourra.
J'espère néanmoins qu'ils ne m'en voudront pas de les aimer aussi fort, eux, au point de m'envoyer des textos anonymes de haine et ne laisser en guise de réponse qu'un numéro non attribué.
La preuve du vivant
La musique quand même, c'est quelque chose.
La voir naître sous ses doigts et faire son temps. Son chemin sur les touches noires et blanches.
Vraiment, une forme de magie. Depuis qu'on est sur Terre. On aurait déjà dû refaire toutes les musiques, toutes les séquences, les suites d'accords, les notes que forment une mélodie. Et à chaque fois qu'on y pense, il y a des ressemblances partout, des airs qu'on a déjà entendus quelque part.
Et pourtant, on l'invente toujours.
C'est ce qui est magique.
C'est ce qui fait qu'avant que j'imagine ce refrain là, il n'existait pas.
Accoucher d'une chanson, c'est être témoin que la vie est réelle.
Et extraordinaire.
Je souhaite à chacun d'un jour pouvoir trouver son vivant à créer.
La voir naître sous ses doigts et faire son temps. Son chemin sur les touches noires et blanches.
Vraiment, une forme de magie. Depuis qu'on est sur Terre. On aurait déjà dû refaire toutes les musiques, toutes les séquences, les suites d'accords, les notes que forment une mélodie. Et à chaque fois qu'on y pense, il y a des ressemblances partout, des airs qu'on a déjà entendus quelque part.
Et pourtant, on l'invente toujours.
C'est ce qui est magique.
C'est ce qui fait qu'avant que j'imagine ce refrain là, il n'existait pas.
Accoucher d'une chanson, c'est être témoin que la vie est réelle.
Et extraordinaire.
Je souhaite à chacun d'un jour pouvoir trouver son vivant à créer.
mercredi 6 mars 2013
Dreamcatcher
Mélancolie de merde qui m'empêche de trouver le sommeil sous peine de rêver de toi encore.
La vie, une salle de classe sans fond
J'ai rêvé de toi.
T'arrivais pimpant dans la classe ton cahier sous le bras et posais tes affaires sur le bureau du premier rang, en face du professeur. T'étais revenu d'Australie, enfin. Sans me le dire. Avec juste un sourire en guise de cadeau souvenir. Tu me prenais la main t'avais l'air heureux, si heureux de me retrouver. Tu voulais que je m'assoie à tes côtés. Tu voulais que je reste. Tu voulais pas me quitter, alors que t'étais parti. Si longtemps. Si longtemps, que j'avais vu plein de types au milieu. Que je batifolais dans tous les sens, me débattant désespérément pour retrouver l'amour.
Dans cette section, ils étaient nombreux. Il y avait des anciens gars que j'aimais bien. Il y avait mon amoureux secret du collège avec sa coupe à la Léo version Titanic à qui j'osais enfin échanger quelques mots pour la première fois. Il y avait Arnaud Tsamère. Je lui sautais au cou et il me faisait tourner dans ses bras comme un vieux passing de rock and roll acrobatique. Et il y avait toi, qui étais revenu. A prendre ma main, comme si ce temps d'absence là, il existait pas.
Tu me dégageais de l'espace sur ton bureau mais j'avais pas mes affaires avec moi alors j'ai lâché tes doigts, malgré ton insistance, malgré tes yeux qui me serraient ferme le coeur, il me fallait récupérer ce qui était à moi. Le prof est arrivé pendant notre discussion et s'est assis tout près, j'en ai profité pour m'éclipser, te promettant de revenir. Alors. J'ai parcouru cette classe en sens inverse, sous l'agitation. Le remue-ménage de ma vie effervescente. Je me suis appliquée à marcher droit sans que les larmes ne tombent. A faire bonne mine et dire bonjour. Ils sont passés à maintes reprises devant moi, obstruant ma route. Mais mes pieds se posaient toujours l'un devant l'autre, dans un fracas intérieur lourd et intense. La salle de classe était comme une longue rue à ciel ouvert et les rangées de bureaux finissaient par empiéter sur les trottoirs de la ville. Et tout au bout, dans les rangs des mauvais élèves, on pouvait voir les voitures circuler, les immeubles déconstruits. J'avais dû en avoir une, un jour, de place attribuée. J'avais laissé mon classeur posé sur un des bureaux il y a bien longtemps, en pensant qu'il y resterait. Et j'étais plus revenue en cours. Faisant l'école buissonnière par intermittence.
Aujourd'hui j'en suis là. A chercher ce que j'ai jadis abandonné dans ma négligence. Au fond du fin fond dans cet endroit qui ressemble à autre part, je cherche encore. Parce que tu m'attends tout devant.
Mais c'est trop tard, n'est-ce pas.
T'es irrattrapable.
T'arrivais pimpant dans la classe ton cahier sous le bras et posais tes affaires sur le bureau du premier rang, en face du professeur. T'étais revenu d'Australie, enfin. Sans me le dire. Avec juste un sourire en guise de cadeau souvenir. Tu me prenais la main t'avais l'air heureux, si heureux de me retrouver. Tu voulais que je m'assoie à tes côtés. Tu voulais que je reste. Tu voulais pas me quitter, alors que t'étais parti. Si longtemps. Si longtemps, que j'avais vu plein de types au milieu. Que je batifolais dans tous les sens, me débattant désespérément pour retrouver l'amour.
Dans cette section, ils étaient nombreux. Il y avait des anciens gars que j'aimais bien. Il y avait mon amoureux secret du collège avec sa coupe à la Léo version Titanic à qui j'osais enfin échanger quelques mots pour la première fois. Il y avait Arnaud Tsamère. Je lui sautais au cou et il me faisait tourner dans ses bras comme un vieux passing de rock and roll acrobatique. Et il y avait toi, qui étais revenu. A prendre ma main, comme si ce temps d'absence là, il existait pas.
Tu me dégageais de l'espace sur ton bureau mais j'avais pas mes affaires avec moi alors j'ai lâché tes doigts, malgré ton insistance, malgré tes yeux qui me serraient ferme le coeur, il me fallait récupérer ce qui était à moi. Le prof est arrivé pendant notre discussion et s'est assis tout près, j'en ai profité pour m'éclipser, te promettant de revenir. Alors. J'ai parcouru cette classe en sens inverse, sous l'agitation. Le remue-ménage de ma vie effervescente. Je me suis appliquée à marcher droit sans que les larmes ne tombent. A faire bonne mine et dire bonjour. Ils sont passés à maintes reprises devant moi, obstruant ma route. Mais mes pieds se posaient toujours l'un devant l'autre, dans un fracas intérieur lourd et intense. La salle de classe était comme une longue rue à ciel ouvert et les rangées de bureaux finissaient par empiéter sur les trottoirs de la ville. Et tout au bout, dans les rangs des mauvais élèves, on pouvait voir les voitures circuler, les immeubles déconstruits. J'avais dû en avoir une, un jour, de place attribuée. J'avais laissé mon classeur posé sur un des bureaux il y a bien longtemps, en pensant qu'il y resterait. Et j'étais plus revenue en cours. Faisant l'école buissonnière par intermittence.
Aujourd'hui j'en suis là. A chercher ce que j'ai jadis abandonné dans ma négligence. Au fond du fin fond dans cet endroit qui ressemble à autre part, je cherche encore. Parce que tu m'attends tout devant.
Mais c'est trop tard, n'est-ce pas.
T'es irrattrapable.
vendredi 22 février 2013
Il n'est probablement pas l'heure de s'éprendre
Peut-être que c'est juste pas le moment. Qu'il n'y a pas d'obligation à tomber amoureuse.
Peut-être que c'est ça, le nœud de l'histoire.
Lorsque je relis d'ancien textes datant de ma jeunesse, je me compare. Je replonge dans les méandres de mon cœur qui battait si fort, si fort pour un seul homme. Je me dis, je n'éprouvais ça qu'avant. Ce sentiment d'être constamment au bord. A deux doigts de bondir. A deux doigts de glisser.
Chuter de la falaise, au fond du précipice dont on ne revient jamais. Mourir d'amour. Intérieurement. Se sentir sèche. Le désert aride que l'élu a laissé en partant. En prenant tout avec lui, même ce qui ne lui appartenait pas. Parce qu'au fond, c'est nous qui lui avions tout donné.
Aujourd'hui, mon cœur ne bat plus pour d'autres aussi intensément.
Peut-être parce qu'il bat avant tout pour lui-même.
Peut-être parce qu'il ne se donne plus tout entier, mais qu'il se partage.
Quand je repense à ces époques de passions extraordinaires et surtout, extraordinairement foireuses, je m'envie au passé. Puis, si je réfléchis encore un peu, balaye davantage les ressentis vivaces je me rappelle. Je n'étais pas si heureuse. J'éprouvais une souffrance pénible, dues aux circonstances et aux êtres qu'osais-je l'annoncer, je m'infligeais. Ces boucles temporelles et remakes du jour sans fin qu'il me fallait détruire, au prix de tout l'espoir que l'on gaspille à se focaliser sur le potentiel, l'éventualité, le réparable alors qu'on n'a même pas vérifié si c'était simplement exploitable ni même constructible.
Aujourd'hui, je n'ai pas d'effluves passionnelles qui me parcourent par surprise chamboulant ma petite vie de tranquillité.
Mais je ressens le bonheur.
Un bonheur de plus en plus présent. Plus actif. Moins furtif.
Qui s'allonge avec le temps.
Je ressens le plaisir de ces choses infimes qui parsèment mon quotidien et que je ne pouvais voir, obnubilée par ces hommes. Centrée sur leurs réactions. Je n'avais pas idée d'à quel point il faisait bon vivre. Et comme il était facile d'être heureux.
Penser trouver la liberté en l'autre.
Peut-être que ce n'est juste pas le moment.
Que ce n'est pas l'heure, moi l'éternelle amoureuse, de m'éprendre.
Peut-être qu'il n'y a aucune obligation. Et beaucoup trop de chemins.
Et que si je m'arrête de temps en temps en cours de route, ce n'est pas douter.
Ce n'est qu'éprouver l'étonnement face à la voie que j'ai choisie d'emprunter.
Peut-être que c'est ça, le nœud de l'histoire.
Lorsque je relis d'ancien textes datant de ma jeunesse, je me compare. Je replonge dans les méandres de mon cœur qui battait si fort, si fort pour un seul homme. Je me dis, je n'éprouvais ça qu'avant. Ce sentiment d'être constamment au bord. A deux doigts de bondir. A deux doigts de glisser.
Chuter de la falaise, au fond du précipice dont on ne revient jamais. Mourir d'amour. Intérieurement. Se sentir sèche. Le désert aride que l'élu a laissé en partant. En prenant tout avec lui, même ce qui ne lui appartenait pas. Parce qu'au fond, c'est nous qui lui avions tout donné.
Aujourd'hui, mon cœur ne bat plus pour d'autres aussi intensément.
Peut-être parce qu'il bat avant tout pour lui-même.
Peut-être parce qu'il ne se donne plus tout entier, mais qu'il se partage.
Quand je repense à ces époques de passions extraordinaires et surtout, extraordinairement foireuses, je m'envie au passé. Puis, si je réfléchis encore un peu, balaye davantage les ressentis vivaces je me rappelle. Je n'étais pas si heureuse. J'éprouvais une souffrance pénible, dues aux circonstances et aux êtres qu'osais-je l'annoncer, je m'infligeais. Ces boucles temporelles et remakes du jour sans fin qu'il me fallait détruire, au prix de tout l'espoir que l'on gaspille à se focaliser sur le potentiel, l'éventualité, le réparable alors qu'on n'a même pas vérifié si c'était simplement exploitable ni même constructible.
Aujourd'hui, je n'ai pas d'effluves passionnelles qui me parcourent par surprise chamboulant ma petite vie de tranquillité.
Mais je ressens le bonheur.
Un bonheur de plus en plus présent. Plus actif. Moins furtif.
Qui s'allonge avec le temps.
Je ressens le plaisir de ces choses infimes qui parsèment mon quotidien et que je ne pouvais voir, obnubilée par ces hommes. Centrée sur leurs réactions. Je n'avais pas idée d'à quel point il faisait bon vivre. Et comme il était facile d'être heureux.
Penser trouver la liberté en l'autre.
Peut-être que ce n'est juste pas le moment.
Que ce n'est pas l'heure, moi l'éternelle amoureuse, de m'éprendre.
Peut-être qu'il n'y a aucune obligation. Et beaucoup trop de chemins.
Et que si je m'arrête de temps en temps en cours de route, ce n'est pas douter.
Ce n'est qu'éprouver l'étonnement face à la voie que j'ai choisie d'emprunter.
mercredi 20 février 2013
mercredi 13 février 2013
Combien de formes d'amour
A trop vouer d'espoir à cette histoire de chaleur, je m'en suis brûlé les lèvres.
Littéralement.
Avec de l'eau bouillante, et ça commence à cloquer. Je ne pensais pas que ça piquerait autant sur la durée. Mais ça pique encore.
Dans tous les sens du terme.
J'ai envie d'écrire. D'avoir encore au moins quatre heures devant moi avant d'accueillir le sommeil. J'ai envie de dire toutes ces lignes de texte qui défilent en ma tête, ces bouts de films qui se superposent les uns sur les autres au point que ça en devient incompréhensible pour quiconque désire suivre. Il n'y a que moi qui m'y retrouve, dans ce bordel de vie.
Ce weekend a été intense en sensations et prises de conscience. La rencontre avec ce sorcier bienveillant et tout ce qui en a résulté en moi, instructive. Déconstructive, aussi. A gros coups de pelleteuse dans les certitudes et ne laisser qu'un terrain vide et libre de tout à priori, la place d'un ressenti non encore exploré dans cette précision là.
On pourrait croire qu'autant de temps passé à pousser l'expérience, ça rapproche les cœurs. Mais il m'a bien fait comprendre, me semble-t-il, que ça les rapproche pour démêler les vieux nœuds karmiques, rien de plus. Ce n'est que moi qui fait l'amalgame. Qui assimile les tremblements intérieurs à des frissons d'émoi. Les sensations, à des émotions. Les émotions, à des sentiments. Au fond de moi, je pensais :
"Si tu continues à faire vibrer mon être de cette manière, je vais finir par tomber amoureuse."
Même si ça n'a pas vraiment de rapport direct avec lui ou ce qu'il est. Mais plus une résonance de nos deux échos intimes qui amplifie leur profondeur.
Alors, je ne dois pas l'envisager. Un élan inadéquat. Même si la résultante d'un nous procure des sensations uniques, elles n'ont pas forcément de rapport avec le fait de tomber amoureux.
C'est une forme d'amour, bien sûr.
Sinon, nous ne pourrions pas être touchés de la sorte.
Mais, il y en a d'autres. Ne pas se limiter aux choix que l'on connaît déjà.
Je sais bien que c'est un homme à m'éprendre que je veux.
Et bien qu'il en soit un, d'autant plus formidable, bien que l'on se comprenne à des degrés notables, avec et sans les mots, que l'on se ressente, avec et sans les mains, trébucher d'amour n'est pas la seule possibilité permise. Bien qu'elle soit la plus attendue.
Il me l'a fait réaliser dans toute cette chaleur tendre désintéressée et inconditionnelle qui est parvenue jusqu'à moi. Pas d'intention personnelle, pas d'attachement à la réaction. Il était juste là, ce sorcier bienveillant, à prendre soin de moi. A anticiper mes gestes, sans me regarder. Sans m'observer, à entendre mes désirs. Y répondre lorsqu'il le pouvait. Lorsque ça ne le concernait pas en particulier. Il ne m'a rien dit. Je l'ai saisi car il était honnête, il était lui-même et juste lui, sans volonté de possession à mon égard. Et si c'est bel et bien un amour dont il s'agit, alors il doit être d'une pureté fondamentale, tant aucune part de son égo ne se cristallise contre les parois de mon âme, tant rien il ne projette sur moi et qu'il veille à mon bonheur en silence, en arrière plan de mon existence, peut-être croit-il que je ne le voie pas, qu'il fait bien son travail invisible, mais ça ne peut que me sauter aux yeux tant d'attention gratuite et généreuse, tant de dévotion humaine qu'il balance à tout va, à qui croise son chemin, peu importe s'il le mérite. Au nom de combien de personnes adresses-tu tes prières? Ne te fatigues donc tu jamais de souhaiter le meilleur pour chacun?
Et toi, qui se soucie de ton propre bonheur?
Littéralement.
Avec de l'eau bouillante, et ça commence à cloquer. Je ne pensais pas que ça piquerait autant sur la durée. Mais ça pique encore.
Dans tous les sens du terme.
J'ai envie d'écrire. D'avoir encore au moins quatre heures devant moi avant d'accueillir le sommeil. J'ai envie de dire toutes ces lignes de texte qui défilent en ma tête, ces bouts de films qui se superposent les uns sur les autres au point que ça en devient incompréhensible pour quiconque désire suivre. Il n'y a que moi qui m'y retrouve, dans ce bordel de vie.
Ce weekend a été intense en sensations et prises de conscience. La rencontre avec ce sorcier bienveillant et tout ce qui en a résulté en moi, instructive. Déconstructive, aussi. A gros coups de pelleteuse dans les certitudes et ne laisser qu'un terrain vide et libre de tout à priori, la place d'un ressenti non encore exploré dans cette précision là.
On pourrait croire qu'autant de temps passé à pousser l'expérience, ça rapproche les cœurs. Mais il m'a bien fait comprendre, me semble-t-il, que ça les rapproche pour démêler les vieux nœuds karmiques, rien de plus. Ce n'est que moi qui fait l'amalgame. Qui assimile les tremblements intérieurs à des frissons d'émoi. Les sensations, à des émotions. Les émotions, à des sentiments. Au fond de moi, je pensais :
"Si tu continues à faire vibrer mon être de cette manière, je vais finir par tomber amoureuse."
Même si ça n'a pas vraiment de rapport direct avec lui ou ce qu'il est. Mais plus une résonance de nos deux échos intimes qui amplifie leur profondeur.
Alors, je ne dois pas l'envisager. Un élan inadéquat. Même si la résultante d'un nous procure des sensations uniques, elles n'ont pas forcément de rapport avec le fait de tomber amoureux.
C'est une forme d'amour, bien sûr.
Sinon, nous ne pourrions pas être touchés de la sorte.
Mais, il y en a d'autres. Ne pas se limiter aux choix que l'on connaît déjà.
Je sais bien que c'est un homme à m'éprendre que je veux.
Et bien qu'il en soit un, d'autant plus formidable, bien que l'on se comprenne à des degrés notables, avec et sans les mots, que l'on se ressente, avec et sans les mains, trébucher d'amour n'est pas la seule possibilité permise. Bien qu'elle soit la plus attendue.
Il me l'a fait réaliser dans toute cette chaleur tendre désintéressée et inconditionnelle qui est parvenue jusqu'à moi. Pas d'intention personnelle, pas d'attachement à la réaction. Il était juste là, ce sorcier bienveillant, à prendre soin de moi. A anticiper mes gestes, sans me regarder. Sans m'observer, à entendre mes désirs. Y répondre lorsqu'il le pouvait. Lorsque ça ne le concernait pas en particulier. Il ne m'a rien dit. Je l'ai saisi car il était honnête, il était lui-même et juste lui, sans volonté de possession à mon égard. Et si c'est bel et bien un amour dont il s'agit, alors il doit être d'une pureté fondamentale, tant aucune part de son égo ne se cristallise contre les parois de mon âme, tant rien il ne projette sur moi et qu'il veille à mon bonheur en silence, en arrière plan de mon existence, peut-être croit-il que je ne le voie pas, qu'il fait bien son travail invisible, mais ça ne peut que me sauter aux yeux tant d'attention gratuite et généreuse, tant de dévotion humaine qu'il balance à tout va, à qui croise son chemin, peu importe s'il le mérite. Au nom de combien de personnes adresses-tu tes prières? Ne te fatigues donc tu jamais de souhaiter le meilleur pour chacun?
Et toi, qui se soucie de ton propre bonheur?
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