mardi 17 décembre 2024

Charte en ébauche

Juste, je voulais pas aller dormir sans garder ça quelque part en mémoire. 
J'ai mis du temps à redescendre.
La douceur de ta voix. Cette douceur là qui prononce ces mots là.
- "Quand je suis avec toi, il n'y a pas un seul instant où je n'ai pas envie de te toucher."
Comme tu t'ouvres. 
- "Et comment on ferait en réunion pour qu'ils ne s'aperçoivent pas que j'ai besoin constamment de poser les yeux sur toi ?"
La phrase n'est peut-être pas exacte mais le contenu y est. Observer tes yeux pétiller quand je te raconte ce qu'il se passe tout au fond. Je le vois que tu te retiens de sourire. J'ai la même expression quand je me sens particulièrement connectée et en phase, et ce sourire, ça en est un de surprise. Tu me le diras ensuite, que cette partie là de mon récit t'as profondément touché. 
Je me souviens de nos mains quand tu comptais jusqu'à trois parce que je te demandais trois secondes pour assembler le fil de mes pensées. Je masquais ta main avec la mienne pour ne pas me déconcentrer mais, quand le trois s'est délié avec les doigts, ta main s'est ouverte, et il n'y avait plus que ma main au dessus de la tienne, et la furieuse envie de l'enlacer. Je crois que tu l'as senti aussi. Je crois finalement, que rester juste en face, ou à côté, est un sujet. Que c'est un effort, une intention consciente. Parce qu'instinctivement, tu as peut-être raison, c'est une lutte contre ces secondes perdues loin de toi. 

Tu m'avais prévenu de l'éventualité, mais on s'est aussi vraiment serré dans les bras pour la première fois. Les traces de ta paume contre ma colonne sont restées chaudes longtemps après ton passage. J'ai l'impression que tu es fou de moi. Depuis si longtemps, j'ai l'impression que tu m'aimes comme je pourrais t'aimer. Je t'en sens capable, mais tout est encore prématuré. 

Tu as raison sur ce point aussi, on n'aurait pas eu de contrainte, on aurait probablement passé radicalement tous nos jours ensemble. Et le fait de savoir que sur ce point, tu es aussi fou que moi, est une information qui m'apaise. 
Toi, tu as dit que cette conversation t'avais fait énormément de bien. Je suis contente, au moins, que tu ne regrettes pas cet effort là. 
Moi, je t'ai dit que ça me faisait bizarre. Parce qu'alors, c'était une déchirure de te voir partir. 

J'ai réclamé "encore" sur le pallier de la porte avant de t'enlacer à nouveau de toutes mes forces. J'ai pensé m'enivrer de l'odeur de ta nuque mais je n'ai pas voulu te manquer de respect. On s'est ensuite échappés de nos bras mutuels mais nos visages étaient si proches, alors tu as posé un baiser sur mon front avant de prendre la direction des escaliers. Tu ne voulais pas partir, je ne voulais pas que tu partes. Ces escaliers étaient un terrain de déception et d'ennui qu'il fallait se forcer à emprunter pour ne pas rester en marge, mais même après avoir fermé ma porte derrière toi, il m'a semblé une éternité avant que tu ne te décides à véritablement les descendre, et tout ce temps, à me retenir de te rappeler, de te sauter dans les bras, de m'abandonner totalement à cet élan qui hurle que je ne suis bien qu'avec toi, c'est faux, c'est faux en plus je le sais, mais tes départs, à chaque fois.

Tes départs me creusent le bide. 

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Du temps à tuer?